SCÈNE VIII
Les MÊMES, ANDRÉ.
ANDRE, qui a ùté son chapeau, mais qui est resté sur le seuil de la porte sans saluer de Tournas ni Albertine.
Pardon, mon père ! vous n'êtes pas seul ?
LE COMTE, à part.
Vous ! (a André d'un ton froid.) Vous le voyez bien.
ANDRÉ
Je me retire ; j'attendrai pour me présenter chez vous...
LE COMTE
Il est inutile de vous retirer, les personnes qui se trouvent ici allaient sortir. D'ailleurs, vous les connaissez, et je m'étonne même qu'en les rencontrant chez moi vous ne
commenciez pas par les saluer. (André ne répond rien.) ALBERTINE.
M. le vicomte est tellement ému en vous revoyant après une si longue absence; il a tant de choses à vous dire, et probablement tant d'explications à vous donner, qu'il ne
nous a pas même vus, c'est bien naturel : il ne faut pas lui en vouloir, et, pour ma part, je lui pardonne. Je reviens dans une heure au plus tard. Nous n'avons pas de temps à perdre si vous n'avez pas changé d'avis.
LE COMTE
Moins que jamais!
Au revoir, alors !
LE COMTE
Au revoir. (Il lui baise la maia et l'accompagne jusqu'à la porte. André entre pendant ce temps-là. — A de Tournas.) Je COmptO aUSSi
sur vous, mon cher de Tournas.
DE TOURNAS
En toute circonstance, mon ami; soyez prudent, soyez
prudent. (De Tournas salue André, qui ne lui répond pas. Albertine fait une légère inclination de tète. Même silence de la part d'André.)