‹ Comédies et comédiens, feuilletons. 2. sérChapitre 239 sur 245 · HÉLÈNE, ANDRÉ · texte numérisé non relu

HÉLÈNE, ANDRÉ

HÉLÈNE

Alors, c'est fini ?

ANDRÉ

Il paraît.

Tu vois que c'était bien facile... Où est allé ton père?...

ANDRÉ

Faire ses préparatifs...

HELENE, à demi-voix et le regardant avec tendressF. »

Lui as-tu dit?...

ACTIÎ CINQUIÈME. 391

ANDRÉ

Pas encore. Nous n'avons parlé que de lui ; nous lui dirons tout quand il reviendra.

HÉLÈNE

Ainsi tu es heureux?

ANDRK.

Complètement heureux. Aussi, pour conserver le bonheur et pour le mériter, j'ai résolu de me créer une occuj)alion quelconque, de travailler, d'être un peu utile, enfin. Il y a, vois-tu, dans la journée d'un homme, cinq ou six heures que la nature et la société veulent que l'on occupe de choses sérieuses. Tout ce que nous faisons de plus mal, nous le faisons pendant que les autres travaillent. Voilà tout ce qui a manqué à mon père. Occupé, il eût été un homme complet. Je veux profiter de la leçon. D'ailleurs, l'exemple est tout pour les enfants, et j'entends que les miens, en ouvrant les yeux, voient leur père travaillant.

LE DOMESTIQUE, entrant.

Monsieur, il y a là une dame qui désire vous parler.

ANDRÉ

A moi?

LE DOMESTIQUE

Oui, monsieur.

ANDRÉ

Faites -la entrer.

LE DOMESTIQUE

Mais c'est à monsieur seul qu'elle désire parler.

HÉLÈNE, gaiement.

C'est bien, je me retire, puisque vous recevez des dames qui ne veulent parler qu'à vous.

ANDRÉ

Je ne comprends pas.

HÉLÈNE

Je l'espère bien, que vous ne comprenez pas! (au domestique.) Faites entrer, (a André.) Je ne suis plus jalouse. (Eiie

sort. — Albertine entre voilée.)

Page 1