HÉLÈNE, ANDRÉ
HÉLÈNE
Alors, c'est fini ?
ANDRÉ
Il paraît.
Tu vois que c'était bien facile... Où est allé ton père?...
ANDRÉ
Faire ses préparatifs...
HELENE, à demi-voix et le regardant avec tendressF. »
Lui as-tu dit?...
ACTIÎ CINQUIÈME. 391
ANDRÉ
Pas encore. Nous n'avons parlé que de lui ; nous lui dirons tout quand il reviendra.
HÉLÈNE
Ainsi tu es heureux?
ANDRK.
Complètement heureux. Aussi, pour conserver le bonheur et pour le mériter, j'ai résolu de me créer une occuj)alion quelconque, de travailler, d'être un peu utile, enfin. Il y a, vois-tu, dans la journée d'un homme, cinq ou six heures que la nature et la société veulent que l'on occupe de choses sérieuses. Tout ce que nous faisons de plus mal, nous le faisons pendant que les autres travaillent. Voilà tout ce qui a manqué à mon père. Occupé, il eût été un homme complet. Je veux profiter de la leçon. D'ailleurs, l'exemple est tout pour les enfants, et j'entends que les miens, en ouvrant les yeux, voient leur père travaillant.
LE DOMESTIQUE, entrant.
Monsieur, il y a là une dame qui désire vous parler.
ANDRÉ
A moi?
LE DOMESTIQUE
Oui, monsieur.
ANDRÉ
Faites -la entrer.
LE DOMESTIQUE
Mais c'est à monsieur seul qu'elle désire parler.
HÉLÈNE, gaiement.
C'est bien, je me retire, puisque vous recevez des dames qui ne veulent parler qu'à vous.
ANDRÉ
Je ne comprends pas.
HÉLÈNE
Je l'espère bien, que vous ne comprenez pas! (au domestique.) Faites entrer, (a André.) Je ne suis plus jalouse. (Eiie
sort. — Albertine entre voilée.)