‹ Comédies et proverbesChapitre 197 sur 304 · ACTE III . SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III . SCÈNE III

ciHItLE, liiant.

Perdican me demande de lui dire adieu , avant de partir, prés de la petite fontaine où je l'ai fait venir hier. Que peutil avoir à me dire 1 VoilA justement la fontaine , et je guis toute portée. Ikit»-je accorder ce second rendez-vous? Ah I Elle m caehê drrriirt un ar5re.

Voilà Perdican qui approche avec Boitette, ma sœur de lait. Je suppose qu'il va la quitter; je suis bien aise de ne pas avoir l'air d'arriver la première.

Entrent Ferdican et Bosettt . qui a'autoient.

CAMILLE, cachée, à part.

Que veut dire cela? Il la fait asseoir prés de lui? Me de-

mande-t-ilunrcndeZ'Vouspour y venir causer avec une autre?

Je suis curieuse de savoir ce qu'il lui dit.

PERDICAN, à haute voix y de manière que Camille

l'entende.

Je l'aime, Rosette! tui seule au monde tu n'as rien oublié

de nos beaui jours passés; loi seule tu te souviens de la vie

qui n'est plus ; prends ta part de ma vie nouvelle ; donne-moi

ton r«ur , chère enfant ; voilà le gaije de notre amour.

Il lui pote ea cliatne lur le cou.

Vous me donnez votre chaîne d'or?

PERDICATi.

Regarde à présent cette bague. Lève-toi et approchons-nous de celle fontaine. Nous vois-tu tous les deux , dans la source, appuyés l'un sur l'aulre? Vois-tu tes beaui yeux près dM miens, la main dans la mienne? Regarde tout cela s'effacer.

H jette ta bague dant l'eau.

Regarde comme notre image a disparu ; la voilà qui revient peu b peu; l'eau qui s'était troublée reprend son équilibre; elle tremble encore; de grands cercles noirs courent à sa surface; patience, nous reparaissons; déjà je distingue de nouveau tes bras enlacés dans les miens; encore une minute, et il D'y aura plus une ride sur ton joli visage ; ^rega rie ! c'était une bague que m'avait donnée Camille, CAMILLE , à part.

Il a jeté ma bague dans l'eau.

Sa»-la ce que c'est que l'amour, Itowlte? Écoule 1 le tent H^tsit; lu pluie du matin mule en perles sur lei feuilles séehées que le soleil ranime. Par la lumière du ciel, par le soleil que voilà, je t'aime] Tu veut bien de moi, n'est-repss? On n'a p^s flélri ta jeunesse 7 on n'a pas infiltré dans (on sang Terme)! Ie« restes d'un sang afladiP Tu ne veux pas le lain religieuse ; te voilà jeune et belle dans les bras d'un jeune bomme. 0 Rosette, Rosette! Mis-lu ce que c'est que l'amour?

ROSETTE

Hélas ! monteur le doeteur , je vous aimerai comme je pourrai.

PEHDICXH.

Oui, comme tu pourras ; et tu m'aimeras mieui , tout docteur que jc'suis et toute paysanne que tu es, que ces pâtes statues fabriquées par les uoones, qui ont la télé A la place du cœur, et qui sortent des cloîtres pour venir répandre dans la vie l'atmosphère humide de leurs cellules; tu ne sais rien; lu ne lirais pas dans un livre la prièreque ta mère t'apprend , comme elle l'a apprise de sa mère; tu ne comprends même pas le sens des paroles que tu répètes, quaud tu t'agenouille* au pied de ton lit; mais tu comprends bien que tu pries, el c'est tout ce qu'il faut à Dieu.

HOSETTE.

Comme VOUS me parlez, monseigneur I

Tu ne sais pas lire; mais tu sais ce que disent ces bois et ces prairies , ces Uèdes rivières , ces beaux champs couverti de moissons, toute celte nature splendide de jeunesse. Tu reconnais tous ee* milliers de frères, et moi pour l'un d'entre «ui; lève-toi , tu seras ma femme , et nous prendrons racige ensemltle dans la sève du moiKte tout-puissant.

/I tort av«e Jlomn*.

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