ACTE [», SCENE I
poche , je poursuivrai et achè»erai mon dessein , qnelqae chose qui puisse en arriver.
N'as-tu donc plus ni foi ni vergogne, el se peuUI que la sois mon sang? Quoi! dÎ le respect pour l'innocenee, ni le sentiment du convenahie , ni la certitude de me donner la fièvre, rien n'est capable de le loucher I
N'avez-vous donc ni orgueil ni honte , el se peut-il que vons soyei mon oncte? Quoi! ni l'iosulle que l'oit nous fait, ni ta . manière dont on nous chasse, ni les injures qu'on vous a diles à voire harbe, rien n'est capable de vous donner du cœur!
Encore si tu étais amoureux ! si je pouvais croire que tant d'extravagances partent d'un motif qui eût quelque chose d'humain 1 Mais non , lu n'es qu'un Lovelacc , td ne respires que trahisons , et la plus exécrable vengeance est ta seule soif et ton seul amour.
Encore si je vous voj'ais pester I si je pouvais me dire qu'au fond de l'âme vous envoyez cette baronne el son inonde à tous les diables! Hais non, vous ne craignez que la pluie, vous ne pensez qu'au mauvais temps qu'il fait , et le soin de vos bas chinés est votre seule peur et votre seul tourment.
Ahl qu'on a bien raison de dire qu'une première faute mène ù un précipice! Qui m'eût pu prédire ce matin , lorsque le barbierm'a rase, et que j'ai mis mon habitneuf, que je serais ce soir dans une grange, crotté et trempe jusqu'aux os! Quoi! c'est moi 1 Dieu juste, à mon âge, il faut que je quitte ma chaise de poste où nous étions si bien installés , il faut que je coure k la suite d'un fou à travers champs, en rase campagne! Il faut que je me -ti'aine à ses talons , comme un couDdent de tragédie, el le résultat de tantdejweurs sera le déshonneur de mon nom!
C'est au contraire par la retraite que nous pourrions nous déshonorer , el non par une glorieuse campagne dont nous ne sortirons que vainqueurs. Rougisseï, mon oncle Van Bock , ■nais que ce soil d'une noble indignation. Vous me Iraitez de
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Loveiace; oui, par le ciell ce Dom me convieot. Comme à lui OD me rerme une porle surmoDlée de 6éres armoiries ; comme lui, une famille odieuse croit m'abaltre par tiii aCTroat; comme lui , comme l'épervier , j'erre et je tournoie ann environ»; mais comme lui je saisirai ma proie, et, comme Clarisse, ma sublime bégueule, nia bien-aimée m'appartiendra.
Ah del! que ne suia-je à Anvers, assis devant moD comptoir, sur mou (anleuil de cuir, etdépliant mon talletas! Que mon frère n'esl-il mort gar^a, au lieu de se marier à quarante ans passés! Ou plutôt que ne suis-je mort moimême, lopremier jour que la baronne de Ua nies m'a invité h déjeuner!
VALEHTIN.
Ne regrettez que le moment où, par une fatale faiblesse, vous avez révélé à celle femme le secret de notre trailé. C'est vous qui avei causé le mal; cessez de m'injurier, moi qui le réparerai. Doutez-vous que cette petite fille, qui cache si biea les billets douK dans les poches de son tablier, ne fiU venue BU rendez-vous donné? Oui , h coup sûr elle y serait venue; donc elle viendra encore mieux cette fois. Par mon patron! je me fais une fête de la voir descendre en peignoir, en cornette et en petits souliers, de cette grande caserne de briques rouilléesliene l'oimepas; mais je l'aimerais, que la vengeance serait la plus forte, et tuerait l'amour dans mon cœur. Je jure qu'elle sera ma maîtresse, mais qu'elle ne sers jamais ma femme; il n'y a maintenant ni épreuve, ni promesse, ni alternative ; je veui, qu'on se souvienne à jamais dans cette famille du jour où l'on m'en a chassé.
l'idbebgistb , tortaat de la maiton.
Messieurs, le soleil commence à baisser; esUceque vous ne me ferez pas l'honueur de dîner ches moi? VALENT! H. ,
Si (ait; apportez-nous la carte, et failea-nous allumer du feu. Dès que votre gar^a sera revenu, vous lui direz qu'il me ' donne réponse. Allons, mon oncle, un pende fermeté; venex et commandez le diner.
VIN BncE.
Ils auront du vin détestable, je connais le pajs; c'est un vinaigre alTrcui.
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