NON! JOIE
Nous obéissons, monsieur; eicusez-nous et tenez, voire
pi'omesse.
Ili lortent.
J'étais né pour vivr« tranquille, vois-tu ! je ne sais point être malheureux. Qui peut retenir Paolo?
LIONEL
Et que dcmanifez-Tous dqnc dans cette fatale lettre, dont voue attendez w impatiemment la réponse?
Tu as raison ; allons-; noua-mêmes. 11 vaut toujours mieux s'expliquer de vive voix. .
Ne vous éloignez pas dans ce moment, puisque Paolo doit vous retrouver ici ; ee ne serait que du tempe perdu.
Elle ne répondra pas. 0 comble de misère I Je supplie , Lionel , lorsque je devrais punir I Ne me juge pas, mon ami , comme tu pourrais faire un autre homme. Je snis un homme sans caraclère , vois-tu 1 j'élais né pour vivre tranquille.
Sa douleur me confond malgré moi.
O hoolel ô humiliation I elle ne répondra pas. Comment en suis-je venu la? Saig-tu ce que je lui demande? Ah I la lâcheté I elle-même en rougirait, Lionel^ je lui demande de revenir à moi.
Eslrce possiblo?
, ACTE 111 , SCENE il. 45
Oui , oui , je saa (oui cela. J'ai fait un éclat : eh bien I dis* moi , qu^y ai-je gagué? Je me suis conduit comme tu l'as Tonlu : eh hi«D ! je euis le plus malheureux de» hommes. Apprend»-U donc , je l'aime , je l'aime plus que jamais I
Crois-tu qu'elle y consente? Il Taut me pardonner d'être un lâche. Mon père était un ]>auTTe ouTrier. Ce Paolo ne viendra pas. le ne suis point un gentilhomme; le sang qui coule dans mes veines n'est pas un noble sang.
UONEL.
Plus noble qoe tu ne crois.
Mon père était un pauvre ouvrier.. . Penses-tu qno Cordiani en meure? Le peu de talent qu'an remarqua en moi fit croire «u pauvre homme que j'étais protégé par une fée. Et moi , je regardais dans mes promenades les bois et les ruisseaux , espérant toujours voir ma divine protectrice sortir d'un antre mystérieux. C'est ainsi que la toute-puissante nature m'attirait à elle. Je me Bs peintre, et, lambeaa par lambeau, le Toile des illusions tomba en poussière b mes pieds.
Pauvre André !
Elle seule ! oui , quand elle parut , je crus que mon rêve se réalisait, et que ma Galatées'animaitsousmes mains. Insensé! mon géuie mourui dans mon anïour; tout fut perdu pour moi... Cordiani se meurt . et Lucrèce voudra le suivre... Oh! massacre et furie] cet homme ne vient point.
Envoie quelqu'un chez Honna Flora.
C'est vrai. Halhuriu , va chez Monna Flora. Ecoute.
Observe tout; tâche de rfider dans la maison; demande la
réponse à ma lettre; va , et sois revenu tout à l'heure Hais
pourquoi pas nous-njëmes , Lionel ? 0 solitude ! solitude 1 que
ferai-je de ces mains-là?
i,CÙHl«^[c
46 ANDRÉ DEL SAKÎO. «
LIONEL
Calmez-vous , de grâce.
Je la tenais embrassée durant les longues nuits d'été, sur mon balcoa gothique. Je voyais tomber eu silence les étoiles Ar» mondes détruils. Qu'est-ce que la gloire? m'écriais-je; qn'est-ceque l'ambiLiou? Hélas! l'homme tend à la nature une coupe aussi large et aussi vide qu'elle. Elle n'y laisse tomber qu'une goutte de sa roséej mab cette goutte est Tamour, c'est uAo larme de ses feux , la seule qu'elle ait versée sur cette terre pour la cousoler d'être sortie de ses mains. Lionel , Lionel , mon heure est venue.
Prends courage.
ANOBÉ.
C'est singulier, je n'ai jamais éprouvé cela. Il .m'a semblé qu'un coup me frappait. Tout ^ détache de moi. Il m'a semblé que Luérèce partait.
UONEL.
Que Lucrèce partait !
Oui , je suis sûr que Lucrèce part sans me répondre.
Comment cela ?
l'en suis sâr; je viens de la voir.
De la voir! Où? comment?
J'en su» sûr; elle est partie.
Cda est étrange I
Tiens, voilà Hathurin.
lUTHDBIM, entrant.
Mon maîti'e est-il ici ?
Oui, me voilà.
J'ai tout appris.