‹ Comédies et proverbesChapitre 295 sur 304 · SCÈNE VI. M · texte numérisé non relu

SCÈNE VI. M

MiTBIl.DE.

Il est vrai qu'elle est od peu drAle.

MADïHE DE lÉBÏ.

Regardet-moi doDC , je vous en prie.

tUTHILDE.

Pourquoi?

MUtlME DE liH.

Kegardei-nuû en face , là , frauchement.

lUTBILDE.

Que me trouvet-TOUB d'extraordinaire?

minjiF DE LÉBT.

Eh! eertaiDenieiit voui avez les yeux roi^es; vous venei de pleurer, c'est clair comme le jour. Qu'esl-ce qui se passe doue , ma cb^ Halhîlde?

HTBIUE.

Rien , je vous jure. Que voulei^vous qu'il se passe?

MADAME DE LÉRV.

Je n'en sais ricD , mais vous venex de pleurer ; je vous dérange, je m'eo vais.

HATHILDE,

Au contraire , chère ; je vous supplie de rester.

Ë»(-ce triea franc? Je reste, ai vous vonlez; mais vous me direi vos peines. [Mathitde ikoub la lA*.) — Non? Alors je m'en vais , car vous comprenez qne du momenl que je ne suis bonne i rien , je ac peux que nuire iuvolon lai rement.

HITHILDE,

Restei, voire présence m'est précieuse, votre esprit m'amuse , et s'il était vrai que j'eusse quelque souci , votre gatte le chasserai 1.

Tenei, je vous aime. Vous me croyez peut-être légère; perMHine n'est si sérieux que moi pour les choses sérieuses. Je ne comprends pas qu'on joue avec lecteur, et c'est pour cela que j'ai l'air d'en manquer. Je sais ce que c'est que de souffrir, on me l'a appris bien jeune encore. Je sais aussi ce que c'est que de dire ses chagrins. Si ce qui vous afQige peut se confier, parlez hardiment; ce n'esl pas la curiosité qui me

UiTHILDB.

Jevoincrobbaime, et sniioat lr黫iitcère ; mais dispensez- BiM de vous obéir.

iudànb ve LÉat.

Ahl mon Dieu, j'f »uii! c'est la bourse bleue. J'ai fsit

une sottise alTreuse ta uominant madame de Blainville. J'y

ai pensé en vous quittant', est-ra que M. de Cbavigny lui Tait

la cour?

Matbilde m Uve. ne pouvant rtpondn, te détourne, tt porte ion mouchoir à »et ytax.

MADAME CE LÉBY.

Est-il possible?

17» long lilencf. jfolAilde ib promène qutlque tempt. puti va j'oueoir à l'avlTt bout de la ehambrt. Madamt de Liry lemble réfléchir. Elit le Uve, et s'approche de Mathilde; <xlle-ci lui

Vous savez, ma ctière, que les dentistes vous disent do crier, quand ils vous font mal. Hoi, je vous dis : Pleurez ! pleurez! Douces ou amércs, les larmes soulagent toujours.

Ah ! mon Dieu !

Hais, c'est incmjrnble, une chose pareillel On ne peut pas aimer madame de Blainville ; c'est une coquette à moitié perdue, qui n'a ni esprit ni beauté. Elle ne vaut pas votre petit doigt j ou ne quitte pas ua ange pour un diable. HATHILDE, tanglolant.

le suis siïre qu'il l'aime, j'en sais sûre.

Non, mon enfant, ^ ne se peut pas; c'est un caprice, une fantaisie. Je connais H. de Chavigaf plus qu'il ne pense; il est médisDt, mais il n'est pas mauvais. Il aura agi par boutadej avez-vaus pleuré devant luiP

Ohl non, jamais!

MADAME DE LÉKr.

Vous avez bien fait; il ne m'étonnerait pas qu'il en Tilt bien

iz=rtNGoo«^[c

HADIHE DE LEHI.

Ih mon Dieu , oui ! j'ai vtugt-eînq an» d'hier, mais jo sais {ui en eft sur bieu d«s choses. Comment tout cela est-il

Mais... je pesais...

HADIHE DE LÉSÏ.

Parlez. Avet-vous peur de moi? je vais tous rassurer tout de suite; si pour vous nietlre à votre aise, il faut m'engager de mon côté, je Tais vous prouver que j'ai con6ance en vous et vous forcer à l'avoir en moi; est-ce nécessaire? je le ferai. Qu'est-ce qu'il vous plail de savoir sur mon compte ?

Vous êtes ma meilleure amie; je vous dirai tout, je me fie à vous. Il ne s'agit île rien de bien grave; mais j'ai une folle tête qui m'entraîne. J'avais Tait ï M. de Chnvigny une petite bourse en cachette que je comptais lui oiïrir aujourd'hui ; depuis quinze jours je le vois h peine; il passe ses journées chez madame de Blainville. Lni oITrir ce petit cadeau, c'était lui faire un doni reproche de son absence et lui mtmlrcr qu'il me laissait seule. Au moment où j'allais lui donner ma bourse, il a lire l'autre.

Il n'y a pas Ik de quoi pleurer.

Ohl si, il f a de quoi pleurer, carj'ai fait une grande folie; je lui ai demandé l'autre bourse.

Alel ce n'est pas diplomatique.

DtTHILDE.

Non, Ëmesline, et il m'a refusé... Et alors... Ahl j'ai

MlDtlIE DE LÉHT.

Eh bien?

HATHILDE.

Eh bien , je l'ai demandée à genoui. Je voulais qu'il me fil ce petit sacrifice , et je lui aurais donné ma bourse en échange de la ^nne. Je l'aï prié... je l'ai supplié...

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