ACTE ill, SCENE
Pauvre ami I comme une nuit l'a changé ! Le voilà qui rouffe les yeux.
INDRE
lU sont partis, ûimieaf '
Que lui dirai<-je? Il a donc tout appris?
Ne me mena paa I le ne les poursuivrai point. Mes forces m'ont abandonné. Qu'ai-je voulu faire? J'ai voulu avoir du courage , et je n'en ai point. Msinlenanl , vous le voyei, je ne puis partir. Laissez-moi parler à cet homme. HATBUHiN t'approche. '
Plait-il , mailre?
Aussi bien ne suis-je pas déshonoré? Qu'ai-je â faire en ce ' monde? 0 lumière du soleil ! d belle nature I Ils s'aiment, ils «ont heureux. Comme ils coùrcnl joyeux dans la plainel Leurs chevaux s'animent , et le vent qui passe emporte leurs 'baisers. La patrie? la patrie? ils n'en ont point ceux qui partent ensemble.
Sa main est A^ide comme le marbre.
INDBÉ, bas à Mathurin.
Ëcoute-moi , Hatburin , écoute-moi , el rappelle-loi mes paroles : Tu vas prendre un cheval; lu vas aller cbei Honna Flora t'informer au juste de la roule. Tu lanceras ton cheval au galop. Reliens ce que ]e le dis. Ne me le fais pas répéter deux fois, je ne le pourrais pas. Tu les rejoindras dans la plaine ; tu les aborderas , Mathurin , et tu leur diras : Pourquoi fuyes-vous si vile? La veuve d'André del Sarto peut épouser Cordiani.
Faul-il dire cela, monseigneur?
Va , va , ne me fais pas répéter.
Qu'as-tu dit i cet homme?
i,CÙHl«^[c
50 ANDRÉ DEL SABTO.
Ne l'nrréte pas; il va cbei la mère de ma femme. Mainte* nani, qu'on m'apporte ma coupe pleine d'un vin généreux.
LIONEL
A peine peui-il ee Boulever.
Menez-moi jusqu'à celte porte, mes amis.
Prenant la coupe.
C'était celle d« joyeut repas.
Que cherches-tu sur ta poitrine?
Rien ! rien I je croyais l'avoir perdu.
Il boit. A la mort des arts en Italie !
Arrête! quel est ce ()ac«n dont tu t'es versé quelques gouttes , et qui s'échappe de ta main?
C'est un cordial puissant. Approche-le de tes lèvres , et lu seras guéri , quel que soit le mql dont lu soulTres. Il meitrt.
LUCRECE «I CORDIÂNI , tur vne eolUft», le* ektvaux daiù tt fond.
coHOiinr.
Allons I te soleil baisse ; il est temps de remonter
LUCRÈCE
Comme mon chcvnl s'est cabré en quittant la ville I En vérité , tous ces pressentiments funestes sont singuliers.
Je ne veux avoir ni le temps de penser , ni le temps de souffrir. Je porte un double appareil sur ma double plaie. Marchons , marchonsl n'attendons pas la nuit.
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