ACTE 1 , SCËNE
Oui, de boQcoiueilet de bonne mine, voisin; uubon verre de ^in vieoi a une bonne mine au bout d'un bras qui a • sué pour le pgner ; on le «ouléve gaiment d'un pelU coup , el il s'en va donner du courage au cœur de l'honoéte homme qui travaille pour «a Tamille. Mais ce sont des lonncaui. uns Tei^ogne, que tous ces godelureaux de la cour. A. qui fait-ou plaisir en s'abrutissanl jusqu'à laJ>éteréroc«? À personne, pas même à soi, et A Dieu encore moins.
Le carnaval a été rude, il faut l'avouer; el leur maudit ballon m'a gâté de la marchandise pour une ctDquantaine de Borins '. Dieu merci I les Slrozzi l'ont payé.
Les Strozzi t Que le ciel confonde ceui qui ont osé porter la main sur lenr neveu I Le plus brave homme de Florence, c'est Philippe Strozzi.
LE IMHCBAND.
Cela n'eropéche pas Pierre Slrozzi d'avoir traîné son maudit ballon Rur ma boutique, et de m'avoir fait trais grandes tadies dans une aune de volours brodé. A propos , père Hondella, mua verrona-nous â Honlolivet ?
Ce n'est pas mon métier de suivre les foires; j'irai cependant h Montelivet par piété. C'est un saint pèlerinage , voisin , et qui remet tous les péchés.
LE MABCHilND.
Et qui est tout à fait vénérable, voisin, et qui fait gagner les marchands plus que tous les autres jours de l'année. C'est plaisir de voir ces bonnes dames, sortant de la messe, manier, eiaminer toutes les étolTes. Que Dieu conserve son altesse I La cour est une belle chose.
LORFEVBE.
porte sur le do , a pas longtemps de cela) u
La cour I le peuple la porte sur le dos , voyez- vi Était encore (il n'y a p ' ' * '"
M>D bi«D bâtie ; loua ces grands palaU , qui «out les logements de nos grandes ramilles, en élaieot les colonnes. 11 n'y en avait pas une^ de toutes ces colonnes , qui dépassât les autres d'un pouce; elles soutenaient à elles toutes unevieilIcToûte bien cimentée , et nous dous promenions là-dessous sans crainte d'une pierre sur la tête. Mais il y a de par le monde deux arefait«cte8 malavisés qui ont gâté ratTaire; je vods le dis en confidence , c'est le pape et l'empereur Charles. L'empereur a commencé par entrer par une assez bonne brèche dans la susdite maison. Après quoi, ils ont jugé à propos de prendre une des coliinnes dont je yous parle , à savoir celle de la famille des Médicls , et d'un faire un clocher , lequel clocher a poussé comme un champignon de malheur dans l'espace d'une nuit. Et puis, savei-vous, voisin 1 comme l'édifice branlait au vent, attendu qu'il avait la télé trop lourde et une jambe de moins , on a remplacé le pilier devenu clocher par un gros pâte informe fait de boue et de crachat , et on a appelé cela la citadelle : les Allemands se eontinstallésdansce maudit trou comme des rats dans un fromage ; et il est bon de savoir que tout en jouant aui dés et en bnvant leur vin aigrelet, ils ont l'œil sur nous autres. Les familles florentines ont beau crier, le peuple et les marchands ont beau dire , les Hédicis gouvernent au moyen de leur garnison ; ils nous dévorent comme une excroissance vénéneuse dévore un estomac malade ; c'est en vcftu des hallebardes qui sepromènent sur la plate-forme, qu'un bâtard, uni: moitié de Hédicis, un butor que le ciel avait fait pour être garçon boucher ou valet de charrue , couche dans le lit de nos filles , boit nos bouteilles , casse nos vitres ; et encore le payct-OD pour cela.
tE MARCHAND,
Peste! peste, comme vous y allez! Vous avez l'air de savoir tout cela par cœur; il ne ferait pas Imn dire cela dans toales les oreilles, voisin Hondella.
l'obfêvbb.
Et quand on me bannirait comme tant d'autres! On vit à Rome aussi bien qu'ici. Que le diable emporte la noce, ceux qui y dansent et ceux qui la font I
IlTtnlre. Le marchand it mêle aux curitvx. Pasie un boiiTgeoit avec ta femme.
D,niz=rtNGoO«^tc