‹ Comédies et proverbesChapitre 8 sur 304 · ACTE I, SCËNE II. H · texte numérisé non relu

ACTE I, SCËNE II. H

France... Ahl André, pauvre André, comnni^nl peui-tu prononcer ce mot-là? Des raoBwaux d'or entre 1m mains; la plus belle missioQ qu'un roi ait jamais confiée à un homme ; cent che6-d'œu?re k rapporter, cent artistra pauvre» et souffrant» à guërir , à enrichir ! le rAlç d'un bon ange à jouer ! lef bénëdiclkmB de la patrie k receroir , et , après tout cela , avoir peuplé un palaia d'ouvrages magnifiques , et rallumé le feu sacré des arts, pr5t à a'éteindre à Florence! André! comme tu te serais mis â genoux de bon cixur au chevet de ton Ut le jour où tu aurais rendu fidèlement les comptes 1 Et c'est François l" qui te les demande! lui , le chevalier se n& reproche , l'honnête homme , aussi bien que l'homme généreux ! lui , le prolecleor des aris 1 le père d'un aiècle aussi Iwau que l'antiquité ! H s'est fié à toi , et tu l'as trompé ! Tu l'as volé , André I car cela s'appelle ainsi , ne t'abuse pas Ib-dessus. Où est passé cet argent? Des bijoux pour la femme, des tèUa , des plaisirs plus tristes que l'ennui I

Il le Uvt.

Songes-tu b cela, André? tu es déshonoré] Aujourd'hui te voilà respecté , chéri de tes élèves , aimé d'un ange. 0 Lucrèce ! Lucrèce! Demain la (àble de Florence; car enfin il but hien que tôt ou tard ces comptes terribles.... Enfer ! et ma femme elle^nème n'en sait rien I Ah ) voilà ce que c'est que demanqu^ de caractère ! que faisait«lle de mal en me demandant ce qui lui plaisait! Et moi je lui donnais , parce qu'elle le demandait, rien de plus; faiblesse maudite I pas une ré- Oexion. A quoi tient donc l'bonneur ? Et Cordiani ? pourquoi ne l'ai-je pas consulté ? lui , mon meilleur , mon unique ami , que dira-t-il? L'honneur?... nejuis-jepas im honnêle homme? j'ai^ait un vol cependant. Ah ! s'il s'agissait d'entrer la nuit chez (m grand seigneur , de briser un coffre-fort et de s'enfuir; cela est horrible à penser , imposaible. Mais quand l'argent est U , entre vos mains , qu'on n'a qu'à y puiser , que la pauvreté voua talounc, non pas pour voua, mais pour Lucrèce I mon seul hien ici-bas , ma seule joie , un amour de dix ans I et quand on se dit qu'après lout , avec un peu de travail , on pourra remplacer.,. Oui, remplacer 1 le portique de l'An nonctade m'a valu un sac de blé I

GRÉMio rtvitnt.

Voilà qui est fait. Mous partirons quand vous voudrei.

i,CÙHl«^[c

13 ANDRË DEL SARTO.

INDHÉ.

Qn'as-tn donc , Grémio? je t« ref^rdah amnger c«s bride» ; ta te Ben aujouH'hui de la main gauche.

' Dema.inaiD...?AhIahI}eBaia ce que c'est. Flaiie à Voire Ëiceilence, j'ai le bras droit un peu ble«aë. Ohl pae grand'those; mais je me faii vieui, el dame! dans mon tempe...

Ahl Toilà le difficile. Qui? peraonnei el cependant je euig Ueasé. Oh t c« -n'eel pas i, dire (;u'on puisse se plaindre , en

Personne? toi-même, apparemment?

GHÉHIO.

NoD pas, non pas;où»erait le fin sans celA ? Personne , et moi moins que tout autre.

ANDBÉ.

Si tu veni rire , tu prends mal Ion tempe. Remontons à cheval , et partons.

ghéhio."

Ainsi soil-il. Ce que j'en disais n'était point ponraorn f3dicr, encore moins pour rire. Aussi hîen riait-il fort peu ce malin , qnand il me l'a donné en courant.

Qui?que vent dire cela? qui te l'a donné? Tu as un air de mystère «iugutier, Grémio.

Ha foi , au fait , écoulez. Voua êtes mon maître ; on aura beau dire, cela doit se savoir; et qui le saurait , si ce n'est TOUS ? Voilà l'histoire : j'avais entendu marcher ce matin dans la cour vers quatre heures ; je me suis levé , et j'ai vu descendre tout doucement de la fenêtre un homme en manteau.

JtNNŒ.

De quel fenéire?

(In homme en manteau , à qui j'ai ccié d'arrêter ; j'ai cru

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