‹ Comédies historiquesChapitre 157 sur 260 · RICHELIEU, ANNE D'AUTRICHE · texte numérisé non relu

RICHELIEU, ANNE D'AUTRICHE

RICHELIEU

Que Votre Majesté Souffre en un serviteur son importunité.

Mon dévoûment pour elle est le soin qui me touche. Lui seul jusqu'à la mort fera parler ma bouche. Car Dieu même voulut couronner vos attraits , Afin que la beauté régnât sur les Français , Et , vous comblant des biens où sa faveur abonde , Il mit le sceptre aux mains les plus belles du monde !

ANNE

Point de galans propos , monsieur le cardinal ; A votre saint devoir la fleurette sied mal , Et je m'offenserais que votre souple adresse , D'aimer les complimens me prêtant la faiblesse , Pour mieux me gagner lame empruntât ces discours.

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RICHELIEU

A tort m'imputez-vous d'y chercher nul recours.

Doit-on en tous louant être accusé de feindre?

D'ailleurs , je ne viens pas demander, mais me plaindre

J'entends au nom du roi , Madame ! et mon respect

Remplit ses volpntés en cherchant votre aspect.

Vous savez qu'aux partis dont la France est troublée

Par des traités obscurs l'Espagne s'est mêlée ;

Que le duc d'Orléans , qui doit , pour son honneur,

Du royaume d'un frère assurer le bonheur,

Des agens de Madrid sert les intelligences.

Je les romps , je deviens l'objet de ses vengeances.

Même.... de cette horreur eùt-il pu se souiller?

Mais je m'abstiens... Le temps saura tout débrouiller.

Bref, l'Espagne l'appuie , et contre le royaume

Son ambassadeur même use de son diplôme.

Le roi qui redouta qu'un esprit si rusé

Ne s'emparât du vôtre un moment abusé ,

A désiré du Louvre écarter sa visite ;

Et n'osant lui rouvrir votre porte interdite,

Vous accueillez sa vue aux grilles d'un couvent ,

Où de Gaston, peut-être, on s'entretient souvent...

Excusez mes discours ! le roi qui le soupçonne ,

Gronde , et c'est par ma voix lui qui vous questionne.

anne froidement.

Ce n'est pas mon époux , homme artificieux , Ce n'est que vous , auteur de bruits calomnieux, Qui , m'outrageant ainsi d'un interrogatoire , Prouvez à votre reine une malice noire.

Prétendre que ma cour subisse votre loi ,

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