ACTE III, SCENE V
MARIE
Eh bien ?
Le livre s'est ouvert. Vous apercevez ?..,
VERONNE.
Rien.
MARIE
Rien , mon Dieu !
ANNE
Rien.
BASSOMP1ERRE.
Quoi! rien?
MADAME DUFARGIS.
Rien, Madame, c'est triste !
vautier à la reine.
Par quels redoublemens votre pouls me résiste ! Modérez les transports qui soulèvent vos sens.
MARIE
Quelle tête inspirée, et quels regards perçans ! Paix.
Silence.
BASSOMPIERRE
Voilà ses visions plus nettes.
VÉRONNE.
Au centre luit un astre entouré de planètes ; Un autre astre brillant lui dispute aujourd'hui La puissance , l'honneur d'attirer tout à lui. . . Que de chocs ! de combats ! Quel tourbillon dévore Un des astres qui tombe ?• . .
248 RICHELIEU
MARIE
Et lequel?
VERONNE. •
Je l'ignore.
anne à la reine-mère.
Cet astre , centre unique attirant tout à soi , C'est vous, Madaine.
marie à la reine.
Vous , Madame ; et non pas moi.
ANNE
Serait-ce Richelieu?
veronne.
Voyez-vous , sous des voiles , Fuir, pâlir, s'éclipser mille fausses étoiles , Tandis qu'en rayonnant sur les mondes entiers , L'astre vainqueur conduit ses satellites fiers? D'une planète encor l'influence bénigne Partout répand l'éclat.
ANNE
Qu'est-ce qu'elle désigne ?
veronne.
Notre adorable reine , épouse de Louis.
Enfin tout se débrouille à mes yeux éblouis...
MARIE
Je languis , je me meurs ; parlez , monsieur Véronne , Quel est l'astre vainqueur ?
VÉRONNE.
Votre noble personne* Vous , illustre Marie , auguste Médicis , Point fixe dans l'Etat où règne votre fils ,