HABIB
Mon fils.... aimez encor que de ce nom si tendre , Sire , je vous appelle.
260 RICHELIEU
LOUIS
Il m'est doux de l'entendre.
MARIE
En tout ce que je fois , Dieu m'en est le témoin ,
Votre bien est toujours mon seul vœu , mon seul soin.
Contre le cardinal si je fus irritée,
C'est que de votre cqeur il m'avait écartée :
Je gémissais tout bas de prévoir l'ascendant
Que prenait sur l'Etat ce factieux prudent :
Mais puisqu'au Luxembourg Louis me vient lui-même
Assurer en bon fils qu'il m'honore , qu'il m'aime ,
Que par lui Richelieu demandant mon accueil
S'engage à réparer les torts de son orgueil ,
Je vais à son approche oublier ma colère ,
Et recevoir l'ingrat dé mon mieux y pour voufe plaire.
LOUIS
Votre esprit se le peint sous des traits odieux : Toujours vous le nommez ingrat «t factieux.
MJLRIE.
Oh! c'est qu'il l'est, mon fils : pour vous plaire, sans doute. Je ne lui dirai pas cela ; m&ris il «n'en coûte. Mon ame est franche , vive , et sans d'affreux tourment Ne s'abaisse jamais k des déguisemens.
De vos prévention* tâchée de vous distraire ; Nulle feinte dès-lors ne sera nécessaire :
Regardez Richelieu tel qu'il est eh effet....
MARIE
Ah ! mon fils ; l'examen en sera bientôt fait- C'est un insolent.