‹ Comédies historiquesChapitre 188 sur 260 · ACTE V, SCÈNE IL · texte numérisé non relu

ACTE V, SCÈNE IL

Les cousins , les amis m'arrivent à la file.

Je ne fais plus un pas , sans qu'un complimenteur

Ne me presse les mains d'un air solliciteur.

Quel style ! ... Ce ne sont que sincères hommages ,

Honneur, profonds respects, ou fâcheux parentales.

On m'érige en héros , en sage renommé ;

Sully fut moins expert , de Luine moins aimé.

Dans les grands coups d'Etat ma hardiesse étomie.

La foule est à ma porte. On s'étouffe ; et personne

Ne me trouve pourtant ; car mon suisse averti

N'a plus qu'un mot pour tous : a Monseigneur est sorti. »

vautier.

Ne redoutez-vous pas, étant inabordable , D'arrêter quelque avis à l'Etat profitable , Important à vous-même ?

MARILLAC

Eh ! parfois Richelieu S'est fait , en se cachant , révérer comme un Dieu.

Sa morgue, qui le perd , est-ce un exemple à suivre ?

MARILLAC

Non , mais élu ministre , en ministre il faut vivre.

Il marchait en monarque, entouré de soldats.

MARILLAC

Il faut bien qu'une garde accompagne mes p?s.

Pour maison , il a pris un palais magnifique.

MARILLAC

Dans le rang où je suis , la mienne est trop modique.

290 RICHELIEU

Changerez-vous d'hôtel comme le cardinal ?

MARlLLÀfc.

En ce qu'il eut de bon l'imiter n'est point mal.

vautier souriant.

Vous n'êtes pas de ceux qui renversent l'usage Que leur prédécesseur établit; c'est fort sage. Les revers du ministre ainsi ne changeront Rien ; hormis que par nous les choses se feront.

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