ACTE II, SCÈNE I
abordé nos magistrats... ils Tiennent d'inscrire ma demande en divorce , en séparation éternelle.
PHEAX.
Que m'apprenez-vous ?
YPPARKTTE.
. Le moment est pris : ma propre bouche plaidera ma cause, au tribunal des Archontes : ma propre main va déposer aux yeux de tous Pacte de notre rupture.
PHÉAX.
Ce que vous m'annoncez serait-il vrai ? Un devoir délicat m'oblige à défendre votre époux en votre esprit. Les intérêts d'Alcibiade et les miens se sont réunis : il m'a fait le serment. . .
YPPÀRETTE.
Vous comptez sur la valeur des siens i... Mais peut-être tient-il les promesses qu'il fait aux hommes. Son honneur se borne là.
PHÉAX.
Les autels furent garans de ses liens envers vous : il apprécie votre tendre dévouement : lui-même tantôt s'en félicitait dans nos entretiens...
ypparette émue.
Il vous en parlait?
PHÉAX.
Oui , noble Ypparette , vous ne pouvez le quitter.
YPPARETTE.
Dites mieux , je ne puis le conserver.
PHÉAX.
• Tout vous commande d'abjurer le parti que vous embrassez. Vous n'ignorez pas le danger dont ce jour le
menace* Mille voix le dénoncent : il n'est pas de ressorts qu'on n'emploie jK>uï* lui ôteriWime populaire; car, vomie savez , rien n'est caché dans la vie des hommes remarquables. Assiégés de regards scrutateurs qui surveillent leurs moindres écarts domestiques, on censure en eux comme des crimes , ce qu'on excuse comme des faiblesses naturelles <kns le vulgaire. Voulez -vous accroître l'influence des lâches animosités par vos témoignages? Non, non, la vertueuse Ypparette gémirait que son époux exilé put l'accuser de son malheur enfuyant les murs de sa ville natale.
YPPARETTE.
On l'exilerait! lui !... Ah J mon époux injustement banni n'en paraîtrait que plus grand, et sa ville privée de lui semblerait plus petite.
Ce n'est point là comment raisonnent les factions : ettes se vengent au préjudice même du pays. Pardonnez donc aux erreurs passagères d'Alcibiade. Comptez sur son retour à des devoirs pour lesquels il fut formé dès l'adolescence à l'école d'un philosophe et d'un héros.
Sans doute , il doit à celle de Socrate et de Périclès ce qu'il a de meilleur et de plus noble : mais ce qu'il a de pire et de plus vicieux , il le tient d'Aspasie. L'éclat des cercles où cette beauté trop célèbre rassemblait autour d'elle les chefs , les orateurs , les poètes et les artistes qu'animaient son esprit et ses yeux , ces réunions du luxe ou sa vanité mêla les grâces de son sexe aux affaires d'État , où elle entremit sa frivolité dans la législation et dans le gouvernement , où elle décrétait en riant , par dépit , la ruine des