ACTE I, SCÈNE XI
vreté, la faim ou la guerre ; quoi ! nos domaines livrés à des colonies étrangères ; tant de puissans motifs ne l'arrachent point à sa langueur ! Je le déclare ; ce n'est point là le chef qu'il nous faut.
MKLLO.
Il a raison.
Il dit vrai.
Assurément.
MENDOCE
LE CAPITAINE
PINTO
De la prudence , Messieurs i perdez-vous sitôt la mémoire des débats où nous flottons depuis un mois? Il ne s'agit plus de regarder et de choisir ; allons au fait et soyons indépendans.
ALHADA.
Je le serai , moi. J'ai là une force que ne vaincront ni la crante , ni les cachots , ni le fer , ni le feu.
Voici un bras qui fera trembler la Castille.
SANTONELLO.
Le ciel nous voit et nous bénit.
MENDOCE
Notre ligue aurait eu besoin , je crois , du secours d'un de nos alliés.
AJLMADA.
Faire vider les querelles domestiques par nos voisins?
PINTO
Oui, comme ces faux braves qui s'insultent et font battre leurs témoins. C'est aux naturels du pays à le défendre.
36 PINTO
MELLO
L'appât du gain doublera les efforts ; les hautes promesses que j'ai faites au nom dé votre maître. . .
MENDOCE
Mes gens ont visité les bourgs , le port , les cabarets. Les bateliers , les manufacturiers sont à nous.
PINTO
Du vin , du vin et des liqueurs pour allumer les cerveaux ; des chansons pour exalter , des libelles pour aigrir ; de chauds orateurs pour fixer les irrésolus, des querelles pour attrouper les curieux; quelques mensonges au nez des crédules de la ville : surtout force écrits défendus , afin qu'on se les arrache.
MENDOCE
Je prometsle soulèvement à telle ou telle heure donnée. Il n'y a qu'une voix contre Vasconcellos.
MENDOCE
Le lâche est d'autant plus coupable , que né Portugais, il sert de ministre aux cruautés de Philippe.
MELLO
Qu'en fera-t-on ?
MENDOCE
Hier on a prononcé sur lui.
MELLO
! Quoi?
LE CAPITAINE
Tué.
SANTONELLO.
Bénédéto. Et cet archevêque de Bragues, qui règne au nom de la vice-reine ?