ACTE II, SCÈNE VI
de ceux qui m'abordent , me fait frissonner aujourd'hui. 11 me semble que mon cœur soit à jour de toutes parts , et je rencontre mille sots qui ge se doutent de rien, dont les yeux. m'assassinent. Il me faut tout voir , sans avoir l'air de regarder , caresser ceux que j'abhorre , perdre un temps qui me presse, causer et folâtrer quand un serpent me ronge. Que le jour est tardif!... Toutes les heures qui sonnent viennent retenti* là.». ( il se frappe le sein. ) Courage ! courage!... ces palpitations qui m'étouffent, sont celles d'une joie anticipée... Oh! ces Castillans... O Pinto Rebeiro ! sois la gloire de ton nom ; veille, travaille, consumetoi, meurs s'il le faut, et délivre ton pays. Courez, hommes frivoles , courez les fêtes , les divertissemens , vous qui ne séchez pas au feu d'une noble ambition ! Passion sourde et terrible, plus dévorante que toutes les autres! elles peuvent se satisfaire par leur indiscrète impétuosité; tu n'arrives à ton but , qu'irritée par le silence et la contrainte... Le coup sera porté... les vils ressorts mis en œuvre disparaîtront, et après l'intervalle d'un ou deux siècles, Pintio sera mis au rang des grands hommes. Pourquoi?... pour avoir mené un empire comme la maison de son maître. On vient.... Reprenons le masque.... Hé, hé ! c'est le juif Lemos.