SCÈNE PREMIÈRE
PEPE-ILLO est à demi couché sur le banc : il réfléchit en fumant une cigarette.
Pepe-Illo.
Quel hasard en ces lieux dirige toute chose? Qu'a-t-on dit? qu'ai-je vu? quelle secrète cause De cette jeune femme anime ainsi le cœur? Aurait-elle dit vrai? Son rire est bien moqueur! Qu'elle aime les taureaux, les combats, les épées, Et les frémissements des foules attroupées, Cela se peut! Elle est Andalouse après tout. Mais qu'un des combattants, un de ceux qui, debout. Affrontent seuls la mort, ait pu toucher son âme,
iS.
Ah! je dois en douter. Tais-toi, mon cœur, la flamme
De l'orgueil t'éblouit... Cela se peut pourtant 1
Quel honneur pour cet homme! Oh! songe d'un enfant,
La cause n'est pas là, c'est plutôt le délire
D'un caprice nouveau qui, joyeuse, l'inspire.
Quel abîme êtes-vous, ô femmes ? Toutefois,
Votre secret, Juana, je l'aurai cette fois;
Et je déplore moins, alors, ce sort stupide
Qui m'a conduit si bas. Un vague espoir me guide