SCÈNE tiIX-HUITlÈME. I Sy
MÉRAL'LT.
Monsieur, souvenez-vous que, heurtant cette pierre, Je me suis tout du long étendu sur la terre.
Le Bailli, désespéré.
Je ne saurai donc rien !
La Baroxxe.
Allons, mon cher bailli , Le mieux est d'implorer votre pardon ici.
Claudine.
Je n'e.xigerai pas cet effort de son ame.
Mais tout cela me peine; aussi souffrez, madame,
Que j'aille de ce pas m'en consoler chez nous.
(Elle lui fait la révérence comme pour se retirer.)
La Baronne, la retenant avec bonté.
Non; demeurez, ma mie, et surtout calmez-vous.
Moi, je n'accepte pas les mots dont on vous berne
La Baronne.
Que voulez- vous de plus cependant?
I 58 LES HASARDS DE l. ' ESC ARPO I.ETT E.
Le Bailli, furieux.
Baliverne!
La Baronne.
Voyons, venez chez moi. Nous pourrons à loisir Cliercher quelque moyen propre à tout éclaircir.
MÉRAVLT. n'y tenant plus.
Ah ! monsieur, vos soupçons me troublent la cervelle. Ce que je sais fort bien, c'est que j'aime ma belle; Et, malgré vos avis, croyant à son amour. Si Toinon y consent je l'épouse en ce jour.
(// se retourne vers Toinon , qui lui tape dans la main.'
La Baronne.
Tu fais bien.
Le Bailli, haussant les épaules.
Imbécile!
La Baronne, vivev\ent.
Ah I c'est de la démence.
Partons; à vous entendre on perdrait patience.
[Elle prend le bras de Claudine, et toutes deux s'éloignent de quelques pas.)