‹ Comédies: Le coucher de la mariée, Les hasards de l'escarpolette, L'arrivée de l'infante. Dessins de d'HurcellesChapitre 86 sur 139 · LE CORRÉGIDOR · texte numérisé non relu

LE CORRÉGIDOR

Que fais-je ici? Vraiment je le sens trop! la honte, Lorsque je m'interroge, à la face me monte; Et j'ai si bien perdu le soin de mes devoirs, Que je viens en ces lieux soupirer tous les soirs. — Moi, le corrégidor de cette noble ville,

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Ayant jusqu'à ce jour vécu riche et tranquille; Moi Pingûc, la terreur des voleurs et des fous, M'embarquer, à mon âge, en galant rendez-vous 1 Amoureux à lier, enfin, d'une danseuse... Un homme de mon poids!

{Se tournant vers la ville.)

O toi, cité railleuse, Dors, car tu rirais trop si tu voyais l'état Où se trouve, à présent, ton premier magistrat.

(Regardant le balcon.) Et vous, chère Juana, divine enchanteresse, Que vous ririez bien plus si vous saviez, traîtresse, Quel ravage effrayant ont fait dans mon cerveau Vos deux peiits pieds blancs dansant un Fandango! Mais le plus étonnant, morbleu! dans l'aventure, C'est qu'elle est à la fois aussi belle que pure... Ah! peste soit du jour, Madame, où. je vous vis!

— Ce rôle est dangereux qu'à ses pieds je remplis. Le prince est mon rival et j'y risque ma tête. Pourtant ce n'est pas lui qui le plus m'inquiète,

— On va le marier, — mais un certain lutin Que je ne connais pas, qui s'en vient le matin Saluer, m'a-t-on dit, la belle avec l'aurore. Et voilà ce qui fait que je guette et pérore.

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