‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 115 sur 238 · SCÈNE III · texte numérisé non relu

SCÈNE III

Une auberge sur la route de Munich.

Entrent le PRINCE DE MANTOUB ET MARINONI.

LE PRINCE

Eh bien, colonel?

uârinoni.

Altesse?

LE PRINCE

Eh bien, Marinoni ?

MikRINONI.

Mélancolique, fantasque, d'une joie folle, soumise à son père, aimant beaucoup les pois verts.

LE PRINCE

Écris cela ; je ne comprends clairement que les écritures moulées en bâtarde.

MARINONI, écrivant.

Mélanco...

LE PRINCE

Écris à voix basse : je rêve à un projet d'importance depuis mon dîner.

MARINONI

Voilà, Altesse, ce que vous demandez.

LE PRINCE

C'est bien, je te nomme mon ami intime ; je ne con« nais pas dans tout mon royaume de plus belle écriture que la tienne. Assieds-toi à quelque distance. Vous

LCOllÉDIEi. 16

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i^l FANTASIO.

pensez donc, mon ami, que le caractère de la princesse, ma future épouse, vous est secrètement connu?

MARINÔNI.

Oui, Altesse : j'ai parcouru les alentours du palais, et ces tablettes renferment les principaux traits des conversations différentes dans lesquelles je me suis immiscé..

LE PRINCE, se mirant.

Il me semble que je suis poudré comme* un homme de la dernière classe.

mârinomi.

L*habit est magnifique.

LE PRINCE

Que dirais-tu, Marîhoni, si tu voyais ton m^dtre revêtir un simple frac olive?

MARINONI

Son Altesse se rit de ma crédulité.

LE PRINCE

. Non, colonel. Apprends que ton maître est le plus romanesque des hommes.

MARINONI

Romanesque, Altesse?

Oui, mon ami (je t'ai accordé ce titre) ;' l'important . projet que je médite est inouï dans ma famille; je prétends arriver à la cour du roi mon beau-père dans l'habillement d'un simple aide de camp; ce n'est pas assez d'avoir envoyé un homme de ma maison recueillir les bruits sur la future princesse de Mantoue (et cet homme, Marinoni, c'est toi-même), je veux encore observer par mes yeux.

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