‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 132 sur 238 · SCENE VI LE PRINCE, MARINONI · texte numérisé non relu

SCENE VI LE PRINCE, MARINONI

LE PRINCE

Non, non, laisse-moi me démasquer. Il est temps que j*éclate. Cela ne se passera pas ainsi. Feu et sang I une perruque royale au bout d'un hameçon! Sommes-nous chez les barbares, dans les déserts de la Sibérie? Y a-t-il encore sous le soleil quelque chose de civilisé et de

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convenable? J'écume de colère, et les yeux me sortent de la tête.

MARINOM.

Vous perdez tout par cette violence.

LE PRINCE

Et ce père, ce roi de Bavière, ce monarque vanté dans tous les almanachs de Tannée passée I cet homme qui a un ext&'ieur si décent, çui s'exprime en termes si mesurés, et qui se met à rire en voyant la perruque de son gendre voler dans les airsl Car enfin, Marinoni, je conviens que c'est ta perruque qui a été enlevée ; mais n'est-ce pas toujours celle du prince de Mantoue, puisque c'est lui que l'on croit voir en toi? Quand je pense que si c'eût été moi, en chair et en os, ma perruque aurait peut-être... Ah I il y a une Providence ; lorsque Dieu m'a envoyé tout d'un coiç) l'idée de nao travestir ; lorsque cet éclair a traversé ma pensée : « il faut que je me travestisse, » ce fatal événement était prévu par le destin. C'est lui qui a sauvé de l'affront le plus intolérable la tête qui gouverne mes peuples. Mais, par le cieil tout sera connu. C'est trop longtanps trahir ma dignité. Puisque les majestés divines et humaines sont impitoyablement violées et lacérées, puisqu'il n'y a plus chez les hommes de notions du J)ien et du mal, puisque le roi de plusieurs milliers d'hommes éclate de rire comme un palefrenier à la vue d'une perruque, Marinoni, rends-moi mon habit,

MAHINONI, ôtant son habit.

Si mon souverain le commande, je suis prêt à soùt frir pour lui mille tortures.

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