‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 147 sur 238 · SCENE IV · texte numérisé non relu

SCENE IV

Une place.

LE CHOEUR, PERDIGAN.

PERDICAN

Bonjour, m'es amis. Me reconnaissez-vous?

LE CHOEUR

Seigneur, vous ressemblez à un enfant que nous avons beaucoup aimé,

PERÔICAN.

N'est-ce pas vous qui m'avez porté sur votre dos pdur passer les ruisseaux de vos prairies, vous qui m'avez fait danser sur vos genoux, qui m'avez pria en

croupe sur vos chevaux robustes, qui vous êtes serrés quelquefois autour de vos tables pour me faire une place au souper de la ferme ?

LE CHOEUR

Nous nous en souvenons, Seigneur. Vous étiez bien; le plus mauvais garnement et le meilleur garçon de la| terre.

PERDICAN

Et pourquoi donc alors ne m'embrassez-vous pas,' au lieu de me saluer comme un étranger?

LE CHOEUR

Que Dieu te bénisse, enfant de' nos entrailles ! Chacun de nous voudrait te prendre dans ses bras, mais nous sommes vieux, Monseigneur, et vous êtes un homme.

PERDICAN

Oui, il y a dix ans que je ne vous ai vus, et en un jour tout change sous le soleil. Je me suis élevé de quelques pieds vers le ciel, et vous vous êtes courbés de quelques pouces vers le tombeau. Vos têtes onl blanchi, vos pas sont devenus plus lents, vous ne pouvez plus soulever de terre votre enfant d'autrefois. C'est donc à moi d'être votre père, à vous qui avez été les miens.

LÉ CHOEUR

Votre retour est un jour plUs heureux que votre naissance. 11 est plus doux de retrouver ce qu'on aime qvie d'embrasser un nouveau-né.

PERDICAN

Voilà donc ma chère vallée I mes noyers, mes sen-

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