‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 158 sur 238 · ACTE II, SCÈNE IV, îr.l · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV, îr.l

LE BARON

Non, en vérité, non, mon ami, je n'y comprends absolument rien. Tout cela me parîdt une conduite désordonnée, il est vrai, mais sans motif comme sans excuse.

Cela veut dire que votre nièce a une correspondance secrète.

LE BARON

Que dites-vous? Songez-vous de qui vous parlez? Pesez vos paroles, monsieur Tabbé.

MAITRE BLAZIUS

Je les pèserais dans la balance céleste qui doit peser mon âme au jugement dernier, que je n'y trouverais pas un mot qui sente la fausse monnaie. Votre nièce a une correspondance secrète.

LE BARON

Hais songez donc, mon ami, que cela est impossible.

MAITRE BLAZIUS

Pourquoi aurait-elle chargé sa gouvernante d'une lettre? Pourquoi aurait-elle crié : Trouvez-k/ tandis que l'autre boudait et rechignait?

LE BARON

Et à qui était adressée cette lettre?

MAITRE BLAZIUS

Voilà précisément le Awr, Monseigneur, hicjacet lepus. A qui était adressée cette lettre? à un homme qui fait la cour à une gardeuse de dindons. Or, un homme qui recherche en public une gardeuse de dindons peut être soupçonné violemment d'ôtre né pour les garder im-

môme. Cependant il est impossible que votre nièce, avec réducation qu'elle a reçue, soit éprise d'un pareil homme ; voilà ce que je dis, et ce qui fait que je n'y comprends rien non pins que vous^ révérence [)aiier.

LE BARON

ciel! ma nièce m'a déclaré ce matin même qu'elle refusait son cousin Perdican. Aimerait-elle un gardeur de dindons? Passons dans mon cabinet; j'ai éprouvé depuis hier des secousses si violentes, que je ne puis rassembler mes idées.

Us sortent.

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