‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 173 sur 238 · ACTE III, SCÈNE III · texte numérisé non relu

ACTE III, SCÈNE III

du ciel, par le soleil que voilà, je t'aime ! Tu veux bien de moi, n'est-ce pas? On n'a pas flétri ta jeunesse; oh n'a pas infiltré dans ton sang vermeil les restes d'un sang affadi? Tu ne veux pas te faire religieuse ; te voilà jeune et belle dans les bras d'un jeune homme. Rosette, llosette I sais-tu ce que c'est que l'amour?

ROSETTE

Hélas I monsieur le docteur, je vous aimerai comme je pourrai.

PERDIGAN.

Oui, comme tu pourras ; et tu m'aimeras mieux, tout docteur que je suis et toute paysanne que tu es, fue ces pâles statues, fabriquées par les nonnes, qui ont la tête à la place du cœur, et qui sortent des cloîtres pour venir répandre dans la vie l'atmosphère humide de leurs cellules ; tu ne sais rien ; tu ne lirais pas dans un livre la prière que ta mère t'apprend, comme elle l'a apprise de sa mère ; tu ne comprends même pas le sens des paroles que tu répètes, quand tu t'agenouilles au pied de ton lit ; mais tu comprends bien que tu pries, et c'est tout ce qu'il faut à Dieu.

ROSETTE

Comme vous me parlez, monseigneur I

PERDICAN

Tu ne sais pas lire ; mais tu sais ce que disent ces bois et ces prairies, ces tièdes rivières, ces beaux champs couverts de moissons, toute cette nature splendide de jeunesse. Tu reconnais tous ces milliers de frères, et moi pour l'un d'entre eux ; lève-toi, tu seras

COMÉDIES. 1. Si

ma femme, et nous prendrons racine ensemble dam la sève du monde tout-puissant* n son avec Rosette.

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