ACTE m, SCÈNE Vli
PERDICAN
. Econte«-moi, Camille, voilà im ton de persiflage qui est hors de propos.
CAMILLE
. n me plaît trop pour que je le quîtte-
PERDICAN
Je vous quitte donc vous-même, car j'en ai tout ï l'heure assez.
CAMILLE
Allez-vous chez votre épousée?
PERDICAN
Oui, j'y vais de ce pas.
CAMILLE
Donnez-moi donc le bras; j'y vais aussi.
Entre Rosette.
PERDICAN
Te voilà, mon enfant! Viens, je veux te présenter à mon père.
ROSETTE, se mettant à genoux.
Monseigneur, je viens vous demander une gi'âce. Tous les gens du village à qui j'ai parlé ce matin m'ont dit que vous aimiez votre cousine, et que vous ne m'avez fait la cour que pour vous divertir tous deux; on se moque de moi quand je passe, et je ne pourrai plus trouver de mari dans le pays, après avoir servi de risée à tout le monde. Permettez-moi de vous rendre le colifer que vous m'avez donné, et de vivre en paix chez ma mère.
CAMILLE
Tu es une bonne fille, Rosette; garde ce collier, c'est
moi qui te le donne, et mon cousin prendra le mien i à place. Quant à un mari, n*en sois pas embarrassée, je me charge de t'en trouver un
PERDICAN
Gela n*est pas difficile, en effet. Allons, Rosette, vienS| que je te mène à mon père.
CAMILLE
Pourquoi? Gela est inutile.
PERDIGAN
Oui, vous avez raison, mon père nous recevrait mal; Il faut laisser passer le premier moment de surprise qu'il a éprouvée. Viens avec moi, nous retournerons sur la place. Je trouve plaisant qu'on dise que je ne t*aime pas quand je t'épouse. Pardieu! nous les feront bien taire.
n sort avec Rosette.
CAMILLE
Que se passe-t-il donc en moi? Il l'emmène d'un air bien tranquille. Gela est singulier : il me semble que la tête me tourne. Est-ce qu'il l'épouserait tout de bon? Holà! dame Pluche, damePluchel N'y a-t-il donc personne ici?
Entre on valet.
Gourez après le seigneur Perdican; dites-loi vite qu'il remonte ici, j'ai à lui parler.
Le valet sort.
Mais qu'est-ce donc que tout cela? Je n'en puis plus, mes pieds refusent de me soutenir.
Rentre Perdican.
PERDICAN
Vous m'avez demandé, Gamille?