ACTE HI, SCÈNE IVi
ouvert la porte, elle n'avait pas arrangé une chambre, ^lô, n'avait point préparé un. repas. U a voulu tromper Kalékaiq.
I ' . : . BARBEBINE.
Mais Kàlékairî prend bien vite la mouche. Est-ce q^u'il a essayé de te faire la coi^r? •
:: ' ; ; kalékaihi. . -
Ohl non.
BARBEBINB.
Eh bien! quoi de si surprenant? U est nouveau venu d^ns ce château. N'est-il pas assez naturel qu'il cherche ^ s'y gagner quelque bienveillance? Il est riche, d'ailleurs, à ce qu'il parajt, et assez content qu'on le sache; c'est une petite façon de grand seigneur. ^ r i
. KALEKAIRI.
11 ne connaît pas le comte Ulric. ,
BARBERINE
Comment I il ne le connaît pas?
Non. Il a parlé au portier L'Uscôque, et il lui a demandé s'il aimait son maître. U m'a demandé aussi si je. vous aimais. Il ne nous connaît pas.
BARBERINE
Que tu es folle 1 voilà les belles preuves qui te donnent sur lui des soupçons ! et quel grand crime penses*» tu donc qu'il médite ?
, KALEKAIRI.
; Quand j'ai été à Janina, un chrétien est venu qui aimait ma maîtresse ; il a donné aussi beaucoup 'd'or aux e^daves, et on l'a coupé en morceaux.
344 BARBERINE
BARBERINE
Miséricorde! comme tu y vas! voyez-vous la petite lionne! et tu te figures apparemment que ce jeune homme vient tenter ma conquête? N'est-ce pas là le fond de ta pensée?
Kalékaîri fait un signe que oui.
Eh bien! ma chère, sois sans inquiétude. Tu peux laisser là tes frayeurs et tes petits moyens par trop asiatiques. Je n'imagine point qu'un inconnu vienne de prime abord me parler d'amour. Mais supposons qu'il en soit ainsi, tu peux être bien assurée... Voici notre hôte, tu nous laisseras seuls. — Retirons-nous un peu à l'écart.
A part.
U serait pourtant curieux qu'elle eût raison. Elles se retirent au fond du théâtre.