ACTE III, SCÈNE Y
moins quMn général d-armée qui se dispose à entrer en campagne. Je veux imiter ce Jachimo.
BARDERINE, à part.
Il a TaÎT de se consulter.
KALÉKAIRI, de même.
N'en doutez pas; c'est peut-être un espion turc.
ROSEMBERG
Le portier LUsccque a pris mon argent. Je me glisserai furtivement dans la chambre de Barberine, et là... oui... que ferai-je là si je viens à la rencontrer? Hum!.., c'est dangereux et embarrassant.
KALÉKAnil, bas à Barberine.
Voyez-vous comme il réfléchit?
ROSEMBERG
Eh bien l je plaiderai ma cause, car Dieu me garde de l'offenser I ce serait me déshonorer moi-môme. — Mais dans tous les romans, et même dans les ballades, les plus parfaits amants font-ils autre chose que s'introduire ainsi, quand ils peuvent, chez la dame de leur pensée? C'est toujours plus commode, on est moins dérangé. — Ahl voilà la belle comtessel — Si j'essayais d'abord, par manière d'acquit, quelques propos de galanterie? Sachons ce qu'elle dit sur ce chapitre, cela no peut pas nuire, car, au bout du compte, si je venais à ne pas lui déplaire, cela me dispenserait de ruser, — et c'est cette ruse qui m'embarrasse I
Haut.
Excusez-moî, comtesse, d'être demeuré si longtemps loin de vous; mes équipages sont considérables, et il tkxki mettre quelque ordre à cela.
346 BARBERINE
BARBERINE
Rien n'est plus juste, et je vous prie de vouloir bien vous considérer comme paifaitement libre dans cette maison. Vous comprenez qu'un ami de mon mari ne saurait être étranger pour nous»
AKalékairi.
Va, Kalékairi, va, ma chère, et n*aiè pas peur.
Kalékairi 8orU
• Vous me pénétrez de reconnaissance, A vous dire vrai, en venant chez vous,, je ne craignais que d'ôlre importun, et je courrais grand risque de le devenir si je laissais parler mon cœur. ...
BARBERINE, à part.
Parler son cœur I déjà l quel langage ! ' ; :
HauU
Soyez assuré, seigneur Rosemberg, que vous ne me gênez pas du tout; car cette liberté que je vous offre m'est fort nécessaire à moi-même, et je yous^ la donne pour .en user aussi.
ROSEMBERG. 1
Cela s'entend, je connais les convenances et je sais quels devoirs impose votre rang. Une châtelaine est reine chez elle, et vous l'êtes deux fois. Madame, par I« noblesse et par la beauté.
; BARBERINE
Ce n'est pas cela. C'est que dans ce moment-ej nous sommes en train de faire la vendange.. ■ • ;
1 , ROSEMBERG. . : . J I- '
Oui, vraiment, j'ai vu, en passant sur ces collines
Goode