ACTE I, SCÈNE II
GRÉMIO
Non, Monsieur; il est sorti comme j'appelais.
ANDRÉ
Comment était-il?
GRÉMIO
Qui? monsieur Damîen ?
ANDRÉ
Non, l'autre.
GRÉMID.
Oh I ma foi, je ne l'ai guère vu.
ANDRÉ
Grand, ou petit?
GRÉMIO
Ni l'un ni Tautre. Et puis, le matin, ma foi !...
ANDRÉ
Cela est étrange. Et Damien t'a défendu d'en parler?
GRÉMIO
Sous peine d'être chassé par vous.
ANDRÉ
Par moi? Écoute, Grémio : ce soir, à l'heure où je me retire, tu te mettras sous cette fenêtre; mais caché, tu entends? Prends ton épée, et si par hasard quelqu'un essayait,... tu mè comprends? Appelle à haute voix, ne le laisse pas intimider, je serai là.
GRÉMIO
Oui, Monsieur.
ANDRÉ
J^en chargerais bien un autre que toi ; mais vois-tu, Grémio, je crois savoir ce que c'est ; c'est de peu d'importance, vois-tu; une bagatelle, quelque plaisanterie de jeune homme. As-tu vu la couleur du manteau?
56 A\(DRÉ DEL SARTO.
G^ÉMIO.
Noir, noir; oui, je crois, du moins.
ANDRÉ
J*en parlerai à Gordiani. Ainsi donè. C'est convenu , ce ôoir vers onze heures, minuit : n'aie aucune peur ; je te le dis, c'est une pure plaisanterie. Tu as très-bien fait de me le dire, et je ne voudrais pas qu'un autre que toi le sût; c'est pour cela que je te charge... —Et tu n'as pas vu son visage?
GRÉMIO
Si; mais il s'est sauvé si vitel et puis le coup de stylet...
ANDRÉ
11 n'a pas parlé?
GRÉMIO
Quelques mots, quelques mots.
ANDRÉ
Tu ne connais pas la voix ?
GRÉMIO
Peut-être; je ne sais pas. Tout cela a été l'affaire d'un imtant.
ANDRÉ
C'est incroyable I Allons, viens; partons vite. Vers onze heures. 11 faudra que j'en parle à Gordiani. Tu es sûr delà fenêtre?
GRÉMIO
Oh ! très-sûr.
Partons! partons!
Ils sortent.
ANDRÉ