‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 8 sur 238 · SCÈNE Ft(EMIÉRE · texte numérisé non relu

SCÈNE Ft(EMIÉRE

colère me fait frémir. Je vous supplie de me donner votre parole de ne rien tenter.

RAZETTA

Je vous promets qu*il Q*y,aura pas dejàang.

LAURETTE

Que vous pe ferez rien; que vous attendrez,... que vous tâcherez de m'oublier, de....

RAZETTA

Je- fais un échange; permettez-moi de vous suivre.

LAURETTE

De me suivre, ô mon Dieu !

RAZETTA

A ce prix, je consens à tout.

LAURETTE

On vient... Ilfaut que je me retire... Au nom du ciel... Mejureaf-vous...

RAZETTA

Ai-je aussi votre parole? Alors vous avez la mienne.

LAURETTE

Razeita, je m'en fie à votre cœur; l'amour d'aune femme a pu y trouver place, le reèpect de cette femme l'y trouvera. Adieu, adieu I Ne voulez-vous donc point de cette croix ? , »

RAZETTA

Oh I ma vie!

U reçoit la croix, elle se.retire.

RAZETTA, seul..

. Ainsi je l'ai perdue. — Razetta, il Ait un temps oft cette gondole, éclairée d'un falot de mille couleurs, ne portait sur cette mer indolente que le plus iAsouciant de

ses fils. Les plaisirs des jeunes gens, la passion furieuse du jeu t'absorbaient; tu étais gai, libre, heureux; on le disait, du moins; l'inconstance, cette sœur de la folie, était maîtresse de tes actions; quitter une femme te coûtait quelques larmes, en être quitté te coûtait un sourire. Oîi en es-tu arrivé?

Mer profonde, heureusement il t'est facile d'éteindre une étincelle. Pauvre petite croix, qui avais sans doute été placée dans une fête, ou pour un jour de naissance, sur le sein tranquille d'un enfant, qu'un vieux père avait accompagnée de sa bénédiction ; qui, au chevet d'un lit, avais veillé dans le silence des nuits sur l'innocence; sur qui, peut-être, une bouche adorée se posa plus d'une fois pendant la prière du soir ; tu ne resteras pas longtemps entre mes mains.

La belle part de ta destinée est accomplie ; je t'emporte, et les pêcheurs de cette rive te trouveront rouillée sur mon cœur.

Laurettel Laurettel Ah 1 je me sens plus lâche qu'une femme. Mon désespoir me tue, il faut que je pleure.

On entend le son d'une symphonie sur Teau. Une gondole chargée de femmes et de musiciens passe.

UNE VOIX DE FEMME

Gageons que c'est Razetta.

UNE AUTHB.

C'est lui, sous les fenêtres de la belle Laurette.

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