‹ Comédies & proverbes, Volume 1Chapitre 98 sur 238 · ACTE II, SCÈNE IV · texte numérisé non relu

ACTE II, SCÈNE IV

CCELIO.

Est-ce vrai? — est-ce vrai? Ou tu es ma vie, Octave, ou tu es sans pitié.

OCTAVE

Tu n'es pas encore parti ? Je te dis que tout est convenu. Une chanson sous sa fenêtre ; cache-toi un peu le nez dans ton manteau, afin que les espions du mari ne te reconnaissent pas. Sois sans crainte, afin qu'on te craigne; et si elle résiste, prouve-lui qu'il est un peu tard.

GGELIO.

Ah I mon Dieu, le cœur me manque.

OCTAVE

Et à moi aussi, car je n'ai dîné qu'à moitié. — Pour récompense de mes peines, dis en sortant qu'on me monte à souper.

Il 8*assoit.

As-tu du tabac turc ? Tu me trouveras probablement ici demain matin. Allons, mon ami, en route I tu m'embrasseras en revenant. En route I en route I la nuit s'avance.

Cœlio sort.

OCTAVE, seul.

Écris sur tes tablettes. Dieu juste, que cette nuit doit m'être comptée dans ton paradis. Est-ce bien vrai que tu as un paradis? En vérité, cette femme était belle, et sa petite colère lui allait bien, D'oti venaitelle? C'est ce que j'ignore. Qu'importe comment la bille d'ivoire tombe sur le numéro que nous avons appelé? Souffler une maîtresse à son ami, c'est une

rouerie trop commune pour moi. Mariaime ou toute autre, qu'est-ce que cela me fait? La véritable affaire est de souper ; il est clair que Gœlio est à jeun. Gomme tu m'aurais détesté, Marianne, si je t'avais aimée! comme tu m'aurais fermé ta porte I comme ton bélître de mari t'aurait paru un Adonis, un Sylvain, en comparaison de moi I Oh est donc la raison de tout cela? pourquoi la fumée de cette pipe va-t-elle à droite plutôt qu'à gauche? Voilà la raison de tout. — Pou I trois fois fou à lier, celui qui calcule ses chances, qui met la raison de son côté 1 La justice céleste tient une balance dans ses mains. La balance est parfaitement juste, mais tous les poids sont creux. Dans l'un il y a iine pistole, dans l'autre un soupir amoureux, dans celui-là une migraine, dans celui-ci il y a le temps qu'il fait, et toutes les actions humaines s'en vont de haut en bas, selon ces poids capricieux,

UN DOMESTIQUE, entrant.

Monsieur, voilà une lettre à votre adresse ; elle est si pressée, que vos gens l'ont apportée ici ; on a recommandé de vous la remettre, en quelque lieu que vous fussiez ce soir.

OCTAVE

Voyons un peu cela.

n lit.

<x Ne venez pas ce soir. Mon mari a entouré la maison a d'assassins, et vous êtes perdu s'ils vous trouvent. .

« Marianne. »

Malheureux que je suis I qu'ai-je fait ? Mon manteau I mon chapeau I Dieu veuille qu'il soit encore temps I

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