‹ ComédiesChapitre 36 sur 73 · LA PREMIERE FEMME · texte numérisé non relu

LA PREMIERE FEMME

Est il plaisir à l'arbre que de voir La cause et fin de sa creation ?

Et à la femme est il en son povoir De n'aymer bien sa generation ?

C’est son beau fruit. sa consolation, Pour qui tous fruitz et animaux sont faitz.

O mon enfant, ceste dilection Joyeusement me fait porter tous faix.

LA II. FEMME

Il n’est ennuy que la femme n'oublie, Quand elle voit que le hault Createur

De tel honneur l'a ainsi anoblie, . Que l’ouvrouer elle est du grand facteur; 345 Dedens lequel luy de tout bien aucteur Forme l'enfant à sa similitude.

Seigneur, soyez de lui conservateur, Car de bon cœur j'en prens solicitude.

LA II FEMME

Je dois aymer, et ne m'en puis garder,

350 L'os de mes os, et la chair de ma chair; | En le voyant, je me peux regarder;

Son pere aussi, c'est un thresor bien cher.

Qui te voudroit, enfant, par mal toucher,

J’aymerois mieux la douleur endurer; 855 De te servir je ne me veux fascher, | : Mais mon travail je veux faire durer.

LA NOURRICE du filz d'Herodes.

Ce m'est honneur, remply de grand plaisir,

De te nourrir, Royale geniture ; Dont en mon cœur ne sents autre desir,

860 Que d’en povoir faire la nourriture

Au gré du Roy. O'belle creature,

Tu me plais tant, que s’il failloit ma vie Mettre en hasard, pour te donner pasture, Je le ferois; car amour m'y convie.

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