‹ Comédies romanesquesChapitre 44 sur 130 · ACTE II, SCENE VIII. 7J · texte numérisé non relu

ACTE II, SCENE VIII. 7J

Moi, le proscrit, le gueux, le poëte défait.

Qu'on brûle en effigie et qu'on tue en effet,

J'irais m'embarrasser de cette créature!...

Pourtant, quelle autre fin donner à l'aventure )

Que faire (^ — La laisser agir dans la maison.

Comme elle le voudrait, c'est une trahison.

La dénoncer par contre est presque une infamie ;

C'est en faire à jamais ma morcelle ennemie...

L'enlever ! — ce parti serait en vérité

Le plus sûr, le plus sage. — Ouf! quelle extrémité!

Quel acte de vertu, digne de la mémoire

Des hommes ! — J 'ai besoin de me tâter pour croire

Que je suis toujours moi. L'enlever!... Il faudra

Qu'elle veuille me suivre à présent. — On fera

De son mieux, la fortune aura la complaisance

Il se retrouve de nouveau en face de Clitiphon.

D'achever. — Clitiphon! j'oubliais sa présence.

A Clitiphon qui remet en soupirant ses tablettes dans sa poche.

M'écoutait-il? — Eh bien! ce compte est terminé. Est-il juste?

CLITIPHON

Oui, mon cher, vous l'avez deviné.

Avant de la quitter en lui laissant mon âme, J'ai voulu lui toucher quelques mots de ma flamme. J'ai tenté de parler, elle a fui. — Vainement Je lui courus après. Dans son appartement, • Sans plus vouloir m'entendre, elle s'est renfermée.

Mais elle ignore, hélas ! combien elle esc aimée ! Ec si je dois tantôt partir sans la revoir, Sans obtenir un mot qui me donne l'espoir Que mes vœux les plus chers seront exaucés...

THEOPHILE, très-soucieux et comme suivant sa propre idée.

Diable!

La revoir et fléchir ce cœur impitoyable, C'est le point capital en effet, et j'avais Oublié qu'elle pût se cacher,

CLITIPHON

Si je vais La chercher, j'ai grand'peur que ce bruit inutile Ne l'indispose encor contre moi. — Théophile, Ajoutez ce service à ceux que dans ce jour Je vous dois : vous, l'heureux poëte de l'amour, Pour qui la Muse n'a que le plus doux sourire, faites-moi donc les vers que je voudrais lui dire !

THÉOPHILE, comme réveillé en sursaut dans sa rêverie.

Qu'est-cei^ Que voulez-vous J^ Qu'avez-vous ditl^

CLITIPHON, tirant ses tablettes de sa poche.

Voyez, Et ne vous moquez pas s'ils sont estropiés.

THEOPHILE, prenant les tablettes.

Ce sont des vers. — Apres? Que me fau:-ilcn faire/

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