‹ Comédies (volume 2)Chapitre 2 sur 182 · II AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

II AVANT-PROPOS

vers la divinité et vers la nature extérieure; et tant qu'elle fait partie de la Comédie, soit qu'elle y conserve sa forme absolue, soit qu'elle y soit seulement représentée par le Lyrisme, exprimé en vers ou en prose, la Comédie est œmplète et vivante. Quand le œntraire se produit, elle dépérit et devient ou, comme au xviiie sikh, des abstractions qui bavardent, ou, comme à d'autres époques, une plate et stérile imitation de la vie. Tous les maîtres, tous les génies ont été pénétrés de cette vérité; c'est pourqux)i Corneille écrivait ses monologues rhythmés et ses stances. Racine ses chœurs admirables, Molière ses divertissements où intervient la poésie pure; et c'est pourquoi, dans l'œuvre shàksperienne, la voix du drame est si étroitement mêlée avec celle de la lyre, La bouffonnerie ou le comique, c'est-à-dire la représentation de l'homme-animxil, faisant la grimace de ses vices et de ses appétits, soulève notre cœur de dégoût, si à côté de ces images de notre chair éprise de la fange, nous ne voyons pas celle de nos dmes avides du ciel, et le réclamant dans un langage surnaturel et divin. Le juste amalgame de ces deux éléments, c'est Aristophane; le comique sans lyrisme n'est qu'un spectacle de marionnettes. Notre poésie dramatique, d'où peu à peu s'était enfui le souvenir de VOde, était tombée au dernier degré d'appauvrissement et de misère, quand Hugo

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