ACTE II, SCÈNE I
Montrant une branche de rosier sur laquelle on voit deux fleurs épanouies. ^
Ce rameau porte bien deux corolles I L'homme a deux yeux, deux bras, deux jambes... deux paroles, Deux enfances ; le ciel a le jour et la nuit ; L'univers a deux voix, le silence et le bruit; L'éther vaste a deux yeux : le soleil et la lune. Et la terre au flanc noir porte deux robes, Tune De fleurs, l'autre de neige., Ici-bas l'univers A deux immensités : les bois touffus et verts Et la mer soucieuse aux vagues écumantes.
Enfin, tout est par deux : moi, j'aurai deux amantes ! Lyre et syrinx, duo rare et mélodieux.
Vous bercerez mes jours dorés. Merci, mes Dieux I L'une par sa douceur calmera mon martyre.
L'autre le causera; l'une me fera rire, Et l'autre me fera pleurer; chacune aura Gniphon ; j'aimerai l'une et l'autre m'aimera. Tel, sur vous deux mon sort brillant jette son lustre ! Quelle égloguel
EUNICE.
Le sotl
MÉLITE
Le Satyre!
EUNICE.
Le rustre I
MÉLITE
Il faut lui barbouiller son œil rouge et tremblant, —
GNIPHON, qui n'a pas entendu, ax>ec fatuité.
Cher trésor! que dit-elle?
EUNICE .
Avec le jus sanglant De rhièble, -
MÉLITE
Et ce front, qui feit tant de ravages, —
EUNICE.
Avec des raisins noirs...
MÉLITE
Et des mûres sauvages.
Eunice et Méliie cueillent des raisins et des mûres sauvages, et, riant follement^ barbouillent le front et le visage de Gniphon, qui cherche en vain d se défendre et d les embrasser.
EUNICE, barbouillant le visage de Gniphon.
Tiens, Adonis!
MÉLITE, à Gniphon.
Adieu, vieillard.
EUNICE.
Adieu, charmant Jeune homme.
MÉLITE
Adieu, lys !
EUNICE.
Perle 1
MÉLITE
Étoile !