ACTE Q^UATRIÈME
Le même paysage qu'au premier acte, mais noyé dans la pourpre d'un splendide soleil couchant. — Florise entre, tout absorbée et pensive, puis, après être venue jusque sur l'avant-scène, dit les strophes suivantes.
SCÈTsLE TXEïKIÈ^.E
Qjii le saura, mon cœur, si tu ne le sais pas? Soupires-tu déjà pour tes anciennes chaînes, Ou bien est-ce la vie heureuse sous les chênes Où, lassé désormais, tu trouves des appas?
Hardy 1 — Comme en sa voix la tempête murmure I Tandis qu'il me parlait, je tressaillais, brûlant De ressaisir la torche et le couteau sanglant. Comme un guerrier pensif qu'éveille un bruit d'armure.
Celui-là, c'est un homme ! — Il porte dans ses yeux L'appétit du triomphe et de la lutte amère.
11 t'a domptée, ô Muse! ô fuyante Chimère, Tu cèdes sous l'effort de son poing furieux.
198 FLORISË
11 est mon maître 1. Et moi, je ne sais si je l'aime
Et si je pleurerai sur ma témérité,
Mais, en fuyant d'ici, comme un aigle irrité,
Je sens bien qu'il emporte une part de moi-même !
Et cependant, ruisseaux, bosquets silencieux. Je ne saurais vous fuir, abris où croît la mousse. Ni toi, cher Olivier, jeune homme à la voix douce, Près de qui je m'oublie à regarder les cieux.
Florise, de ton sort admire l'ironie Et ne demande pas conseil aux antres sourds 1 Il te semble, incertaine entre ces deux amours. Que l'un est ton bonheur et l'autre ton génie.
Comment déciderai-je où s'en iront mes pas ?
Est-ce vers cet enfant, ou dans le bruit sonore. Vers le théâtre et vers ses combats que j'adore? — Q^i le saura, mon cœur, si tu ne le sais pas ?
Lis en toi-même, ou crains que l'on ne te méprise. Et choisis ton destin I
Olivier entre avec Hardy et Célidée.