‹ Comédies (volume 3)Chapitre 150 sur 229 · JUS · texte numérisé non relu

JUS

Je t'en prie.

M ERCURE.

Je ne puis.

J'ai regret de ma coquetterie.

MERCURE

Tais-toi, cruelle!

VÉNUS, tendrement.

On ment parfois, lorsqu'on dit non.

MERCURE

C'est un fruit inconnu que j'apporte à Junon.

A part.

Bien menti!

VÉNUS, regardant et flairant la pomme,

qu'elle a d'ahord voulu prendre, mais que Mercure

n'a pas lâchée.

Le beau fruit! Qnel parfum! On le nomme?

'■^o La Pomme.

MERCURE

Il n'importe.

VENU s.

Dis-moi son nom

M ERC URE.

C'est une pomme.

VÉNUS, avec une grâce enfantine.

Le Joli fruit! Le nom charmant! Donne-la-moi, Ami!

MERCURE, retenant la pomme.

Si Je veux pour jamais fâcher le roi De l'Olympe, ce Dieu qui jamais ne diffère A nous punir, je n'ai pas autre chose à faire, II saurait se venger par quelque affreux tourment!

VÉNUS

Eh bien, prête-la-moi.

Mercure fait un geste de dénégation.

Pour un petit moment!

Permets du moins que seule, à mon aise, j'admire Sa couleur de rubis et son parfum de myrrhe.

MERCURE

Oh! comme devant toi mon amour ébloui Est faible !

VÉNUS

N'est-ce pas que tu veux bien ? Dis : oui!

MERCURE

Je vais y réfléchir.

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