Acte 7, Scène III. 'zji
A pari.
A part.
Et toi, tyran des dieux, Amour, viens à mon aide!
Haut, à Achille.
C'est Deïdamia, fille de Lycomède.
AC HILLE, extasié.
Ah! dis plutôt qu'elle est l'astre délicieux Qui fait pâlir les traits du soleil dans les deux! Dis qu'elle est la Dcesse adorable aux longs voiles Que suivent chastement les chœurs dansants d'étoiles Et dont la Nuit en pleurs caresse les cheveux! Ou plutôt dis qu'elle est ma vie, et si tu veux Que ma misère trouve en ton âme un asile. Dis-moi qu'elle est l'épouse et l'amante d'Achille! Ma mère, dis cela, car le brûlant Désir S'abattant sur mon cœur, est venu le saisir, Depuis que mon regard altéré la contemple! Deïdamia! Dieux!
DEÏDAMIA, à ses sœurs.
Mes sœurs, allons au temple De Pallas.
De nouveau les Princesses traversent lentement la scène, puis disparaissent par Vavenue qui touche à la maison de Lycomède, toujours suivies par les yeux de Thétis et d'Achille, qui les regardent encore après que le spectateur les a perdues de vue.
THÉTIS, à Achille.
O mon cher enfant !
ACHILLE, les yeux tournés vers DeiJai)iia.
Je ne veux rien
274 Deïdamia.
Que Deïdamia. Non, plus rien qu'elle !
T H É T I s , vile, et d'un ton persuasif
Eh bien, Fais ce que je voulais, entre dans sa demeure! Inconnu, tu vivras auprès d'elle à toute heure, Et tu pourras la voir sans cesse.
Thètis, poursuivant son projet de déguiser Achille en jeune fille, profite du trouble où ses paroles ont jeté Achille et se hâte de dénouer les liens qui relèvent sa tunique, de façon que tombant alors jusqu'à jcs pieds, cette tunique semble être un vêtement de femme.
ACHILLE, à Thctis.
Que fais-tu ?
TH ET is.
Rien. J'allonge ces plis. Vois, n'es-tu pas vêtu Comme elle?
Thétis dénoue les cheveux relevés sur le front d'Achille, qui alors ruissellent sur son cou et sur ses épaules.
ACHILLE
Que fais-tu ma mère?
THÉTIS
Je délivre
Tes cheveux ruisselants.
ACHILLE, tout a sa pensée.
Être près d'elle! y vivre!
Maintenant, le manteau.
Elle ôte son manteau, qu'elle met à Achille, et dont elle dispose gracieusement les plis sur son épaule.