‹ Comédies (volume 3)Chapitre 175 sur 229 · SCENE VI · texte numérisé non relu

SCENE VI

DEÏDAMIA, THOÉ, ZEUXO, PERSÉIS, LYCOMÈDE, THÉTIS, ACHILLE.

Roi, je t'amène Iphis, la sœur de mon Achille. Des Nymphes l'élevaient jusqu'à ce jour, dans l'île D'Icos, mais quand sévit la guerre affreuse, ô Roi, Je lui donne un plus sûr asile près de toi. Vois ses yeux ! Vois son air indomptable et sauvagg! N'est-ce pas bien l'aspect farouche, et le visage De son frère ? V^oilà pourquoi je craindrai moins Pour elle, après l'avoir confiée à tes soins.

a8o Deïdamia.

Toujours en sa fureur guerrière, dès l'aurore, Iphis veut porter l'arc et le carquois sonore, Et, comme l'amazone, en son dédain jaloux Se refuse à marcher sous le joug d'un époux. Mais dompte cette ardeur à mes désirs contraire, Car c'est assez que j'aie à craindre pour son frère. Qu'elle vive les jours de sa jeune saison Parmi tes filles, sous tes yeux, dans ta maison, Et qu'elle porte, au lieu des armes abhorrées. Les corbeilles, les fleurs et les choses sacrées. Qu'elle ne coure pas dans les noires forêts ! Et surtout, car plus tard tu te repentirais, Défends-lui d'approcher du port et du rivage. Déjà bien des vaisseaux, apportant le ravage Dans quelque île paisible, ont parcouru ces mers; Ne nous expose pas à des regrets amers. Et mon cœur bénira ton auguste vieillesse Si tu me rends un jour cette enfant.

L YCOMÈDE.

O Déesse !

Tes yeux ont honoré mon front devenu blanc. Puisque tu m'as choisi pour veiller sur ton sang. Viennent les Phrygiens et, maître de cette île. Je saurai protéger la jeune sœur d'Achille, Ou mourir.

T H ET 18, étendant sa main sur la tête d'Achille.

Adieu, toi que bercèrent mes bras! Toi, mon trésor!

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