Scène III
se AFIN.
Parle-nous!
Ah!
SCAriN.
Nérine!
N K R I N F. , avec voJiiI'ilite.
Va-t'en, Satrape! Lestrigon! crocodile! Satan!
Voleur d'âmes! flatteur à langue vipérine! Pendard ! méchant! vaurien! fourbe! effronté!
SCAPl N.
Nérine!
Amicalement.
Je ne veux pas, avant l'heure de mon trépas, Me marier.
N ÉRIN E
Pourquoi ne le Toudrais-tu pas, Cruel, cœur de rocher, plus dur qu'un ours de Thrace ?
Pour imiter mon père et tous ceux de ma race Qui Be se sont jamais mariés.
NÉRINE
Il fallait •
Me dire tout cela, méchant, quand ruisselait Sur nos têtes ce doux soleil du mois des roses,
j^S Les Fourberies de Narine.
Lorsqu'au fond de ces vieux jardins aux portes closes Dont le soir caressait la belle floraison, A l'ombre des jasmins, tu me...
SCAPIN, très-fro'idement.
Parlons raison.
Je suis Scapin. Je suis cet intrigant illustre. Chaque jour à ma gloire ajoute un nouveau lustre. Que d'exploits ! Des tuteurs raillés, des jeunes gens Aimés, grâce à mes soins toujours... intelligents! Belles inventions! superbes stratagèmes Sur lesquels l'avenir écrira des poëmes ! Ruses ! Déguisements! des Turcs tombant descieux Pour arracher l'argent aux avaricieux !
Les sacs passant des mains des pères dans les miennes Pour servir de rançon à des Égyptiennes! Dans quelle vie heureuse et bizarre voit-on Plus de sequins, d'amour et de coups de bâton? Qui donc, dupant Géronte, a rendu populaire Son : « Que diable allait-il faire à cette galère?» Qui l'a mis dans un sac, et dans cet appareil A battu le vieillard poudreux au grand soleil! J'ai vaincu, dans ces lieux oiî mon audace brille, Trivelin, Scaramouche et le grand Mascarille Et les destins; j'ai mis la gloire avant le pain, Et quand on veut nommer la fourbe, on dit : Scapin ! Et tu voudrais, Nérine, en ton désir pendable, Avec le grand valet illustre et formidable, Tour à tour envié, béni, craint et flétri. Faire cet animal qu'on appelle un mari!