Scène III
Te barbouiller de fange et de sang, comme si
Des spadassins t'avaient assommé, tout ceci
Pour voler une montre à quelque Egyptienne;
Descendre à copier cette aventure ancienne
De travestissement, faire le loup-garou
Pour bâtonner ton maître, aussi poltron que fou ;
Puis, lorsque, dissipant ta grandeur usurpée.
Frémit devant ton front le vent froid d'une épée,
Te jeter à genoux et demander pardon,
Et bientôt de César devenir Laridon,
Voilà de beaux états de service! J'admire
Que tu ne chantes pas ces hauts faits sur la lyre.
Et que, pour embellir ton front d'aventurier.
Tu n'aies pas aux jambons dérobé leur laurier!
O grands événements, bien dignes de ta race !
Beaux exploits de valet qu'on bâtonne et qu'on chasse
Va, parle du Vésuve avec plus de douceur.
Pauvre lièvre, fuyant au souffle du chasseur!
Tes divertissements, dont tu nous fais parade.
Sont bons à figurer dans une mascarade;
Tes ruses n'ont servi de rien, tu t'es vanté.
Tu n'imagines rien, tu n'as rien inventé,
Et, s'il faut parler franc, je crois que ton mensonge
Confond la vérité' palpable avec le songe,
Et que, pareil au chien qui se mire en un lac.
Tu n'as même pas mis Géronte dans le sac !
SCAPIN, abasourdi.
Quoi!
N E RI N E, montrant Scapin. Avec dédain.
Pleurer pour ce drôle ! A présent j'en ai honte !
352 Les Fourberies de Nérine.
JI!a7it à Scapin, et lui prenant le menton.
Pleurer... ceci !
SCAPIN, au comble de l'èhakis sèment.
Comment! Je n'ai pas mis Géronte Dans le sac !
NÉRINE
Non.
SCAPIN
Je n'ai...
NÉRINE
Va dire à tes amis Ces contes à dormir debout.
SCAPIN
Je n'ai pas mis Géronte dans le sac !
NÉRINE
Non.
se API Nj exaspéré.
Alors, nie Homère, Achille, Troie en deuil!
NÉRINE
Ce sac n'est que chimère.
Tu fus toujours menteur de la nuque aux talons.
SCAPIN
Moi! moi ! Je ne l'ai pas mis dans le sac!
NÉRINE
Parlons