‹ Comédies (volume 3)Chapitre 27 sur 229 · Acte II, scène I · texte numérisé non relu

Acte II, scène I

A deux immensités : les bois touffus et verts Et la mer soucieuse aux vagues écumantes. Enfin, tout est par deux : moi, j'aurai deux amantes ! Lyre et syrinx, duo rare et mélodieux, Vous bercerez mes jours dorés. Merci, mes Dieux ! L'une par sa douceur calmera mon martyre, L'autre le causera ; l'une me fera rire. Et l'autre me fera pleurer; chacune aura Gniphon; j'aimerai l'une et l'autre m'aimera. Tel, sur vous deuxmon sort brillant jetteson lustre! Quelle églogue!

EUNIdE.

Le sot !

M ÉLITE

Le Satyre!

EU NICE

Le rustre!

MÉtlTE.

Il faut lui barbouiller son œil rouge et tremblant, —

G N I p H G N j qui n'a pas enlendu, avec fatuité. Cher trésor! que dit-elle?

EUNICE.

Avec le jus sanglant De l'hiôble, —

MÉtlTE.

Et ce front, qui fait tant de ravages,

EUNI CE.

Avec des raisins noirs. . .

Diane au bois.

Et des mûres sauvages.

Eunice et MéUle cueillent des raisins et des mûres sauvages, et, riant follement, barbouillent le front et h visage de Gniphon, qui cherche en vain à se défendre et à les embrasser.

EUNICE, barbouillant le visage de Gniphon.

Tiens, Adonis!

MÉLITE, à Gniphon.

Adieu, vieillard.

EUNICE.

Adieu, charmant Jeune homme.

M ÉLITE

Adieu, lys!

EUNICE.

Perle !

MÉLITE

Etoile !

EUNICE.

Diamant !

Rayon !

GNIPHON, extasié.

Couronnez-moi de myrte et d'asphodèle !

EUNICE.

Adieu, rossignol !

MÉLITE

Brise!

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