‹ Comédies (volume 3)Chapitre 58 sur 229 · Scène VI · texte numérisé non relu

Scène VI

COLOMB IN E, voulant faire admirer sa parure à Léandre, Me trouves-tu gentille?

Léandre reste immobile.

Allons, qu'on me sourie !

Ce matin, ce n'était que pure espièglerie Si je t'ai radoyé ! Dites-moi, mes amours, Votre chanson nouvelle ! Aime-t-on bien toujours Sa petite Colombe ?

LÉANDRE, tragiquement.

O sombre destinée !

COLOMBINE

Quoi ! tu penses encore à cette matinée ? Je riais, Je te dis !

LÉANDRE

o malheur imprévu !

Sort affreux ! coup fatal !

COLOMBIN E

Qu'est-ce donc ? As-tu vu Mon père?

LÉ AND R Ejcowwe HH homme qui répète machinalement sans comprendre.

Votre père ?

COLOMBINE

Eh! oui, je suis gourmande De nouvelles! A-t-il accueilli ta demande?

J'ai bien pour le moment d'autres chiens à fouetter

pa Le Beau Léandre.

Hélas!

COLOMBIN E

Qu'as-tu pour geindre et pour pirouetter De la sorte ?

LÉANDRE, avec une profonde mélancolie.

Le sage a bien raison de dire Que la vie ici-bas est comme un long martyre, Et nous cache un abîme en ses chemins frayés.

Criant d'une façon terrible.

Un affreux abîme !

COLOMBINE

Ah ! mon Dieu ! vous m'effrayez !

Qu'avez-vous ?

LÉANDRE, d'un air sombre.

Je possède un frère dans le monde,

COLOMBINE

Je l'ignorais.

LÉANDRE

Hélas ! charmante tête blonde !

Un frère que j'aimais comme mes yeux... bien plus!

COLOMBINE

Il est mort?

LÉANDRE, très-tranquillenteni .

Non.

Avec exaltation.

O deuil ! ô regrets superflus !

Ainsi que sont unis la poignée et le glaive. Les doigts avec la main, nous l'étions !

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