‹ Comédies (volume 3)Chapitre 61 sur 229 · SCENE VIL · texte numérisé non relu

SCENE VIL

COLOMBINE, puis ORGON.

Ah ! mon père me gourme et m'appelle vaurienne

Si je prends les cadeaux des dénicheurs d'amour

Lorsqu'ils m'ont reluquée et qu'ils me font la cour !

Ma foi, nous n'aurons plus ensemble de bisbille:

J'espère qu'à présent je suis honnête fille,

Car je n'accepte rien celte fois d'un amant,

Je lui donne au contraire, et je pense vraiment

Que d'une vertueuse et sage demoiselle

C'est là le fait. Mais vite, il faut montrer mon zèle.

Mon père vient! Toujours il cède en enrageant

Il faut que je le tâte au sujet de l'argent.

A Orgon qui s'avance et qui se trouve près d'elle. Comme vous vous portez aujourd'hui, petit père'

Oui.

• Quoi qu'il advienne ou qu'il arrive. (M. Scribe, Le Huguenots, acte m, scène iv.)

(J& Le Beau Léandre.

COIOMBINF.

Vous vivrez au moins deux cents ans !

O RG ON.

Je l'espère.

COLOMB IN E

Que diriez-vous, au fond vous êtes obligeant, Si j'essayais... de vous emprunter de l'argent?

Lorsqu'aux joueurs fameux voulant faire une niche, En poursuivant sa belle un amoureux caniche Se jette au beau milieu d'un jeu de cochonnet, Comment le reçoit-on?

COLOMBINE, arrangeant les cheveux d'Orgon.

Si l'on vous bichonnait?

Fi ! les vilains cheveux !

ORGON

Aucun bal ne s'apprête.

Je me trouve charmant, et jamais je ne prête.

COLOMBINE

Alors, donnez-moi. Cent ccus?

Le beau fuseau Que vous filez! J'irais engraisser le museau D'un bravache! Rayez cet espoir de vos livres. Je ne donnerai pas un écu de six livres.

Oh! que si !

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