SCÈNE PREMIÈRE
CÉLIDÉE, ROSIDOR.
CÉLIDÉE.
Quoi ! se peut-il, monsieur Rosidor?
ROSIDOR
En mon âme Vos yeux ont allumé cette homicide flamme Qu'en vain tâche à noyer le torrent de mes pleurs» Tel soufBe, renversant les arbres et les fleurs,
Florise.
Un vent jaloux venu de la plage marine ,
Tels mes ardents soupirs, du fond de ma poitrine
S'exhalent vers l'azur du ciel aérien!
CÉLIDÉE, à pari.
Quel dommage, pourtant! Lorsqu'il ne disait rien, Campé d'un air si noble, avec son pourpoint rose. Il avait presque l'air dépenser quelque chose.
KOSIDO R,
Ces yeux, de qui l'éclat m'est seul essentiel, Tantôt sur leurs rayons m'emportent vers le ciel, Et tantôt, me glaçant d'une froideur barbare, Me font retomber seul dans la nuit du Ténare.
CÉtlDÉE.
Mes yeux font tout cela?
ROSI DO R
Oui, madame, et bien pis.
Car, parmi leurs longs cils dans les flammes tapis, Les Amours y font rage, étant là plus de mille.
CÉLIDÉE.
Comme ce pays-ci d'ordinaire est tranquille, Monsieur, j'avais pensé qu'un hôte n'aurait pas Le bizarre dessein de retenir mes pas Sous ces arbres touffus que le clair soleil dore, Pour me crier au coin d'un bois : Je vous adore, Fût-ce, comme à présent, en mots mélodieux. Mais quoi ! je me trompais !