SCENE Y
ARISTOPHANE, THRATTA, CALLISTRATE, PHILONIDE, citoyens d'Athènes.
CITOYENS D'ATHENES , se précipitant sur la acèpa.
Vive Aristophane ! Gloire à Aristophane !
ARISTOPHANE
Ma gloire passée, je la renie ; ma gloire future, je la repousse! Comme l'hirondelle, j'ai eu mes jours de grand air et de large vol sous le soleil du printemps; mais l'hiver est arrivé 1 Je ne suis pas, moi, de ces bavards tragiques, de ces corrupteurs de l'art qui, exténués de fatigue et d'impuissance, déchirent encore les cordes de la lyre muette sous leurs doigts. J'ai épuisé, je le sens, tout ce que mon cœur avait d'ardeur et de poésie. Ma muse, Thalie, que j'invoquerais en vain, n'est plus en moi. Elle est loin d'ici. Thalie se promène dans les vallons de Tempe, parmi les Dryades qui s'enivrent de sa voix. Thalie est sur quelque montagne de Sicile, con-
templant de loin le front humide de l'amoureuse Arêthuse. Thalie donne l'accord aux ilûtes des bergers, à l'essaim des cigales. Thalie ne viendra plus visiter Aristophane !