‹ ComédiesChapitre 119 sur 271 · acte il, ÊrÈNE m · texte numérisé non relu

acte il, ÊrÈNE m

Par le vent qui dénoue en pleurant tes cheveux ! Fleur du cruel hiver, Nymphe auguste, je veux Qu'à ton tour, sur les monts éblouissants de neige Tu frissonnes, en proie au tourment qui t'assiège, Et que dans les déserts tu pleures à ton tour, Chasseresse éperdue et tremblante d'amour!

On voit la nuit tomber à demi, et le paysage s'effacer peu à peu.

Mais la nuit vient. Au fond de la voûte azurée

L'aile sombre du soir s'étend démesurée,

L'ombre cache en croissant les pieds des arbrisseaux,

Et je vois à la fois au ciel et sur les eaux

Où son brillant reflet d'argent tressaille et passe ;

L'arc de ma bien-aimée étendu sur l'espace I

Je t'en conjure, 6 Nuit suave, qui descends

Sur les coteaux parmi les feux incandescents!

Vous, lacs transis, moirés de sinistres lumières,

Je vous conjure, et toi quî ris dans les clairières,

Grande Nature, abri du chasseur indompté,

Obéis-moi! Qu'un air chargé de volupté

Vole, et répande avec de magiques paroles

Le même embrasement, des ailes aux corolles I

Que tout aime !

Détachant la flûte pendue à son cou.

Silène, heureux magicien, Assembla ces roseaux selon son art ancien. La Nymphe que les bois nomment avec mystère Accourra par l'effet d'un charme involontaire Au son de cette flûte. Éveillons ses accords. <

Éros s'assied sur un banc de pierre, et joue sur la flûte de Silène un chant rêveur et passionné, auquel répond un bruit lointain de cors, presque étouffé. Puis il prête l'oreille et écoute attentivement.

Rien. Là-bas c'est le bruit faible et mourant des cors. Éros reprend sa flûte et continue le chant commencé.

^ïf DIANE AU fcnrs.

DIANE, se laissant tant ù fait all*r Jatis les bras d'Éros, Av?t: p&ssùon,

Hun Ëndymion!

Aa moment où Diane prononce ces mots , on entend retentir un rire bruyant et ironique. Gniphon "parait et contemple avec une joie méchante le groupe formé par Éros et Diane.

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