SCENE IL
NÉRINE
Les archers, quand j'ai passé près d'eux, Parlaient de vol commis, de nippes dérobées. Ils avaient vu courir à grandes enjambées Un larron, qui fuyait avec un sac aux dents.
Rêvant.
Avec un sac ! — Je sens du Scapin là dedans.
Que fait mon traître ? Il m'a quittée avec la joie
Et l'œil brillant d'un fourbe heureux qui tient sa proie*
Il regardait toujours la mer et l'horizon !
Je suis sûre qu'il songe à quelque trahison.
Qu'ai-je fait au destin, — moi douce comme un cygne I
Pour aimer ce hardi menteur, ce fourbe insigne ?
II est plus inconstant que le vent, plus trompeur
Que ces beaux feux follets dont les enfants ont peur,
52fi LES FOURBERIES DE NÉtUKE,
Et que l'Adriatique où le couchant se dorel
C'est un prodigue, un monstre, un fou, mais je l'adore.
Avec admiration.
Qu'il est rusé ! J'ai beau faire, mon cœur en tfent Pour ce héros.
Elle veut aller à la recherche de Scapin. Allons.
Apercevant Scapin qui sort de la maison.
Mais le voici qui vient.
C'est le moment d'ouvrir les yeux et la narine î Il parle. Que dit-il ? Attention, ISérine.
Elle se retire à Y écart au fond, du théâtre. En même temps, Scapin s'élance sur le devant de la scène, portant vidé le sac qu'on a vu plein à la scène précédente.