scène |ff
Que sur l'immensité des mers lu contemplais, Le jour où tu naquis î
VÉNUS
Parle encor. Tu me plais.
MERCURE, à part, arec fatuité.
J'en étais sûr I
Haut.
Tu viens, et la terre est en fêtel
VÉNUS
Gomment donc! On dirait que te voilà poète, 1
MERCURE
Oui, je le suis. Pour toi! Le Rhythme, oiseau charmant. Entre dans mon esprit avec l'enchantement Que ta présence donne à l'univers physique, Et tout en moi devient harmonie et musique !
VÉNUS
Oui vraiment, c'est parler comme on faiseur de vers!
MERCURE
C'est que j'aime 1
VÉNUS
Crois-moi, les lauriers sont trop verts. Abandonne l'emploi de poëte lyrique ; L'honneur en est douteux et le gain chimérique. Le génie est un gueux pensif qui meurt de faim.
Quoi! tant d'amour!...
VÉNUS
Soyons sérieux, à la fin.
La plus courte folie est, dit-on, la meilleure. le m'ennuyais, tu m'as distraite. A la bonne heure
258 LA POUME.
Tu te diras le reste à toi-même, en marchant. Quel est ton état? Dieu des marchands? Sois marchand. A quoi sert un courrier, s'il ne court? Prends tes ailes A ton cou. Fais ménage avec les hirondelles.
MERCURE, piteusement.
Mais je brûle 1
VÉNUS
Traverse un nuage, et ce feu Va s'éteindre.
MERCURE
Inhumaine!
VÉNUS* excédée.
Oh! je t'en prie. Adieu* Avec ennui.
Quand chacun en fadeurs près de moi s'évertue, Hélas ! j'aimerais mieux, je crois, être battue. M'assassiner ainsi, c'est une trahison, Un meurtre, et ce n'est pas vraiment une raison,. Si ces faibles attraits m'ont valu quelque gloire, Pour m'en punir toujours d'une façon si noire.
Je pars donc.
Silertce de Vénus. — Insistant.
Je m'en vais.