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SCENE III

OLIVIER, CÉLIDÉE. SYLVAIN conduisant HARDY, PYMANTE, JODELET, ROSIDOR, AMARANTE et LUCINDE; puis GUILLEME'FTE. -

SYLVAIN, à Hardy, en» lui montrant Olivier.

Monsieur, parlez à monseigneur le comte D'Atys.

HARDY, s'inclinant devant Olivier.,

, Monsieur...

OLIVIER, à ses hôtes.

' D'abord, soyez les bienvenus î

A Amarante et à Lucinde.

Mesdames, les plaisirs sont, bêlas ! inconnus

Dans ce pauvre château ;*mais il est à vous, comme

Son maître.

AMARANTE

Grand merci, monseigneur.

HARDY

On me nomme Alexandre Hardy, parisien. Je suis Poëte, car, délice et tourment de mes nuits, La muse, que Garnier et le savant Jodelle Adoraient, m'a, comme eux, frappé d'un grand coup d'aile. Je fais parler les fils des Dieux, les artisans De travaux dont l'effort a défié les ans, Et les princesses dont les yeux lurent magiques. Bref, je rime et polis des poëmes tragiques

Montrant ses compagnons. •

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Pour les gen* que voici, qui sont comédiens. Nous allons devant nous, libres de tous liens, Et chantant pour l'honneur de la nymphe Thalie.

QLIY1ER,

Jeu sublime, par qui l'homme, avec sa folie Apparait, rellêtê dans un miroir ardent! Nous vivons ici loin des hommes : cependant Votre nom est venu jusqu'à nous. Dès ce monde, Votre art, qui du passé perce la nuit profonde, Nous fait voir, triomphants, évoqués des enfers Et retrouvant leur âme auguste en vos beaux vers,- Ces reines, ces héros, ces vainqueurs dont la cendre Contient tant de lumière et de gloire ! Alexandre Faisant fouler la vieille Asie à son cheval, ~ César pensif avec son laurier sans rival, Cléopâtre embaumant les airs de son haleine», Et l'immortel amour des hommes, cette Hélène Dont cent rois adoraient les cheveux radieux! Oui, vous ressuscitez ces combattants, ces Dieux, Et par leurs voix d'airain vous nous dites : Élève Ton âme ; tâche d'être aussi grand que mon rêve ; Voici le glorieux passé, fais le présent!

HARDY

C'est pourquoi nous marchons toujours, nous reposant

Tantôt dans le palais et tantôt dans l'auberge;

Montrant la Vérité, cette adorable vierge,

Sous un masque, buvant avec avidité

L'air pur des grands chemins avec la liberté,

Et toujours vers les cieux élevant notre coupe,

OLIVIER

C'est un heureux sort.

^ARDY.

La moitié de notre troupe

29B FLORÏSE.

Est depuis avant-lôur à Blois, chez notre ami

ï/hÔte du Soleil d'oïi. Là, jamais endormi,

Flamboie un feu riant, et le vin est sans lie

Et la nappe est très blanche et l'hôtesse est jolie.

Puis, les logis ont l'œil ouvert sur une cour

Dont une galerie en bois fait tout le tour.

C'est là que nous devons jouer notre nouvelle

Comédie, un produit de mon humble cervelle :

L'Amazone Hippolyte, en un mot. Passions

Et gaieté, rien n'y manque. Or, comme nous passions

Tout près d'ici, faisant grand'hâte pour rejoindre

Nos compagnons, à l'heure où le jour allait poindre

Et baigner de ses clairs rayons le bois fumant,

Notre chariot va buter étourdiment

Contre une grosse pierre et se casse une roue.

Attendre, sous le vent qui vous fouette la joue,

Qu'on eût l'accommodé le coche triomphant,

C'était bon pour nous, mais

Montrant Amarante et Lucinde.

ces visages d'enfant Y périraient; voilà pourquoi je vous demande Asile ; car la brise amoureuse et friande Met sa folle morsure à ces fronts ingénus.

OLIVIER

Je vous le dis encor, soyez les bienvenus Dans ce château. Voici madame Célidée, Sœur du comte d'Atys, mori père.

ROSIDOR, regardant Célidée, à part.

Quelle idée!

Fort bien!

HARDY, s'inclinant devant Célidée.

Madame..,

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