ACTE H« SVHTK V
O FI crise, qu'en tous rien n'est matériel,
Et que vos yeux sacrés contiennent fout le ciel
Dont la lumière tombe en moi comme un dïctamel
FLORISE
Vous m'aimez I — Qu'aimez-vous en moi, comte, une femme?
Mais FJori.se n'est pas une femme. Je suis
L'harmonieuse voix qui herce vos ennuis;
Je suis la \yr& aux sons divers que le [meta
Fait résonner et qui sans lui serait muette,
Une comédienne, enfin. Je ne suis pas
Une femme, Hippolyte ail' contant le trépas,
Hélène, Iphl^énie en pleurs qu'on divinise,
Oui, vous les trouverez en mot, non pas Florise.
Non, vous ne l'aimez pas! car Florise n'esl; rien
QuTun luth, indifférent quand le musicien
INe Je tourmente plus avec l'archet sonore.
Un luth, et rien de plus, seigneur*
ouvrER.
Je vous ao'ore!
Vous parlez et je sens mes veines s'embraser IVun feu subtil qui court sur moi comme un baiser. Je regarde briller vos cils 1 Votre sourire De lumière m'emplît de joie et me déchire. Mon cœur enchanté bat au rhylhme de vos pas, Et je sens que je meurs si vous ne m'aimez pasï
FLORISE
Enfant 1
OLIVIER
Oui, tous avez raison. Voyez, je pleuTe Main tenant, et je suis un enfant. Tout a rin-ure Je n'étais rien, j étais mort. Vos yens, clair flambeau, M'ont éveillé captif dans la nuit du tombeau, El devant la lumière adorable et ravie M'ont traîné pour souIJHj et m'ont donné la vie.
FLORISE, un peu émue et voulant partir. Adieu, comte.
OLIVIER
0 ma vie ! Écoute, c'est un jeu Cruel! Ne t'en va pas. Ne me dis pas adieu I Ne brise pas ainsi la coupe où je m'enivre! Avec une explosion d'amour.
C'est si Lon de vous voir, et c'est si bon de vivre î
FLORIDE
D'autres femmes auront ce sourire vermeil Qui vous plaît; il en est d'autres dont le soleil Embrase avec fierté la chevelure blonde !
OLIVIER
Oh ! taisez-vous ! il n'est qu'une Florise au monde !
FLORISE, avec une froideur feinte.
Oui, je suis jeune, et comme un beau ciel d'Orient
Vous voyez resplendir mon visage riant;
Et, comme ces blancheurs, perles de mon sourire,
Mes yeux disent : Amour, et ma lèvre : Délire!
Évitez cependant leurs futiles appas,
Car ils vous promettraient ce qu'ils ne donnent pas.
Je suis comédienne, et, selon notre usage,
L'illusion menteuse habite mon visage.
Car je puis à mon gré feindre l'émotion;
Les feux de la colère et de la passion,
L'ironie et l'amour, enchanteresse habile,
Je puis les refléter sur ce masque mobile;
Mais cette lèvre est froide et ce cœur est glacé.
Je vous l'ai dit. — Voyez, n'est-ce pas insensé
D'étreindre dans vos bras tremblants une ombre vague?
De suivre un songe errant et vain comme la vague
Qui fuit sous le regard troublé des mariniers?
Ainsi, ne m'aimez pas.